De la suie, et pas n’importe quelle suie: celle qui provient de forêts qui brûlent à des milliers de kilomètres de là. C’est ce que des chercheurs ont mesuré à New York en août 2018, pendant des périodes  où la pollution de l’air était à un niveau inhabituel.

Plus précisément, ils ont détecté du monoxyde de carbone, des particules fines appelées PM2,5 et du noir de carbone —ce dernier étant communément appelé suie. La combinaison de ces trois éléments, de même que le suivi par satellite de la direction prise par les fumées des incendies de l’ouest canadien cet été-là, a confirmé l’intuition de l’équipe de l’ingénieure environnementale Haley Rogers, de l’Université Yale: les traces de ces feux sont détectables à de très grandes distances. Leur recherche est parue le 21 janvier dans Atmospheric Chemistry and Physics.

L’idée de telles traces à de telles distances n’est pas nouvelle pour les spécialistes de l’atmosphère: il y a par exemple des années qu’on sait que du sable de l’Afrique de l’Ouest se retrouve jusqu’en Amérique du Sud, transporté par les courants aériens. Mais la suie et les particules fines ont, au contraire du sable, un impact tangible sur la santé des animaux et des humains, et c’est cet aspect qui intéresse ceux qui recherchent cette empreinte laissée par les incendies. Spécialement alors qu’on spécule sur l’augmentation de l’intensité des feux de brousse et de forêts dans un futur rapproché.