Les fonds marins les plus profonds demeurent encore un grand mystère, mais les moins profonds aussi. Un satellite de la NASA, conçu pour l’exploration des glaces polaires et des canopées forestières, IceSat-2, s’attèle aujourd’hui à cartographier les fonds marins peu profonds, c’est-à-dire ceux qui longent les continents.

Les fonds de 5 mètres et moins forment un « ruban blanc » — celui qui est dessiné autour des côtes, sur les cartes marines — constituant une zone hors limite pour les navires et leurs sonars. Généralement, la cartographie de ces fonds repose sur des méthodes acoustiques, afin d’identifier la nature des sédiments et la morphologie des fonds.

Le satellite ICESat-2 (Ice, Cloud, and Land Elevation Satellite) succède au IceSat-1 qui était principalement destiné à surveiller la fonte des glaces polaires et à enregistrer l’élévation du niveau des mers, deux données fondamentales du réchauffement climatique. La version 2, lancée en 2018, poursuit le même objectif mais vient d’élargir sa mission en y ajoutant cette cartographie des fonds marins peu profonds.

Son altimètre, appelé ATLAS (Advanced Topographic Laser Altimeter System), est doté d’un laser de lumière verte qui émet 10 000 impulsions par seconde. Cet instrument est capable de pénétrer les eaux côtières jusqu’à une profondeur de 40 mètres et d’enregistrer les pentes et autres variations du paysage.

Il prend des mesures directes, combinées à des analyses utilisant la lumière solaire réfléchie. Ce nouveau projet vise à produire ce qu’on appelle des mesures bathymétriques — soit la topographie du sol de la mer — de manière automatisée, avec un intérêt particulier pour les récifs coralliens. Les chercheurs espèrent ainsi surveiller l’évolution de la santé de ces barrières de corail soumises au stress du réchauffement. 

Tournant sur son orbite polaire depuis près de 600 jours, le satellite a élargi ses visées scientifiques: il peut aussi surveiller la hauteur de la surface des lacs, comme cela a été récemment testé sur 30 lacs et réservoirs en Chine. Il lui est possible de cartographier en 3D les aires incendiées pour mettre à jour les modifications du territoire. Là aussi, deux nouvelles données utiles pour documenter les changements climatiques.