En janvier, les incendies qui ont ravagé 58 000 km2 de forêts en Australie étaient en lice pour devenir l’événement marquant de 2020 —si un virus n’était pas venu monopoliser l’actualité. En envoyant trois fois plus de fumée dans la stratosphère que tout événement comparable de l’histoire récente, ils ont donné un avant-goût des temps à venir. Mais ils n’ont pas été le seul événement météo extrême de 2020.

Une vaste partie de la Sibérie a eu droit à une canicule qui s’est étendue non pas sur des jours, mais sur des mois. Avec une moyenne, dès le mois de mai, de 10 degrés Celsius supérieure à la normale, et un village au-delà du cercle Arctique battant le record absolu pour cette région de 38 degrés.

Quant à l’événement australien, son « panache » de fumée était tel qu’il a pu être pris en photo, non pas de la station spatiale internationale (à moins de 350 km d’altitude) mais d’un satellite géostationnaire… à plus de 35 000 km d’altitude.

Australie - feux vus de l'orbite

L’Australie, à gauche, et le panache de fumée au-dessus du Pacifique, à droite, vus depuis le satellite japonais Himawari-8, le 6 janvier 2020. Michael Benson / Agence météorologique japonaise

 

Bien qu’il soit, comme toujours, impossible d’affirmer hors de tout doute que l’événement australien ou l’événement sibérien ont été causés par le réchauffement climatique, c’est l’accumulation de ces événements d’année en année qui rend possible de dire que la majorité d’entre eux n’aurait pas eu lieu sans l’influence humaine croissante sur le climat.

Par ailleurs:

  • La même chaleur qui a étouffé la Sibérie a contribué au très bas niveau de glace du côté russe de l’océan Arctique. À la fin d’octobre —moment où les glaces ont commencé à se reformer depuis quelques semaines— la surface de glace qui recouvrait l’océan était encore à son plus bas niveau pour ce moment de l’année depuis que de telles mesures sont prises.
  • Et la chaleur a aussi contribué au nombre élevé de feux de forêt en Sibérie.
  • Les feux de forêt à travers le monde se méritent d’ailleurs la palme, dans le magazine Scientific American, de « l’histoire climatique de 2020 »; avec l’Australie et la Sibérie, mais aussi l’Amazonie et de larges territoires de la Californie —où il y a eu presque deux fois plus de territoires brûlés en une seule saison que le précédent record.
  • La saison des ouragans dans l’Atlantique a été sans précédent: 30 tempêtes, dépassant le record de 28 en 2005. Rappelons que plus les eaux des océans continueront de se réchauffer, et plus ces tempêtes auront un terreau fertile à leur disposition.
  • Lorsque l’ouragan Delta a touché terre en Louisiane le 9 octobre, il a battu un record: c’était la première fois que 10 tempêtes de ce type atteignaient le continent en une seule saison (le record de 9 remontait à 1916). Delta a été suivi par une 11e tempête en octobre et une 12e en novembre.
  • Plus d’un milliard de dollars de dommages aux États-Unis, causés par 16 désastres naturels (une définition qui inclut feux, tempêtes et sécheresses), selon l’évaluation de l’agence américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA).
  • Et à l’échelle internationale, 9 des 15 plus gros désastres naturels de l’année ont causé des dégâts dépassant les 5 milliards de dollars chacun, selon un rapport de l’organisme philanthropique Christian Aid publié cette semaine.
  • Six des 10 événements les plus coûteux sont survenus en Asie, dont cinq associés aux pluies diluviennes de la mousson. L’Inde et la Chine ont été durement touchées par ces dernières, mais aussi l’un des pays les plus pauvres du monde, le Bangladesh, dont un quart du territoire s’est temporairement retrouvé inondé.
  • Les 10 plus grandes de ces catastrophes ont fait 3500 morts et déplacé plus de 13 millions de personnes.