Il aura suffi de quatre mois pour distribuer le premier milliard de doses de vaccins contre la COVID. Et le deuxième milliard pourrait être distribué encore plus vite. Mais pour l’instant, les trois quarts de ces doses sont allées dans seulement 10 pays.

En date du 1er mai, selon les chiffres de l’OMS, 7,3% de la population avait reçu au moins une dose. La Chine et les États-Unis, à eux seuls, représentaient près de la moitié de ce total avec quelque 500 millions de doses à eux deux, sur 1,1 milliard en tout. Mais parallèlement, seulement 2% de ces vaccins sont allés dans l’entièreté du continent africain.

À l’évidence, il est impossible de mettre fin à une pandémie si seulement une dizaine de pays sont vaccinés, commente dans la revue Nature l’expert en vaccins Peter Hotez, du Collège Baylor de médecine à Houston. Et encore, « une dizaine de pays » est une mesure relative, puisque le troisième pays à avoir distribué le plus grand nombre de doses du vaccin est l’Inde: mais même ses 150 millions de doses ne représentent que 10% de sa population, avec les résultats catastrophiques que l’on peut observer là-bas ces dernières semaines.

Si on regarde plutôt les statistiques par l’angle du pourcentage des populations vaccinées, seulement deux pays ont distribué au moins une dose à au moins la moitié de leur population, soit Israël et le Royaume-Uni. Quelques-uns s’approchent rapidement de ce seuil, comme les États-Unis et le Chili. Dans la dernière semaine d’avril, le total de doses administrées dans le monde approchait les 19 millions par jour.