Ce sont des feux qui brûlent pendant l’été, restent dormants pendant l’hiver et « renaissent » au printemps. On les appelle pour cette raison des « feux zombies ». Et dans l’Arctique, ils seraient plus fréquents, à mesure que les étés là-bas deviennent plus chauds.

Connus depuis longtemps des experts des écosystèmes locaux, ils sont favorisés par des sols riches en carbone —des tourbières, par exemple— qui permettent au feu de se maintenir « en vie » pendant l’hiver —un peu comme des braises, mais des braises qui persisteraient pendant des semaines, voire des mois.

D’après un modèle informatique créé par Rebecca Scholten, de l’Université Vrije d’Amsterdam et ses collègues, ces « feux zombies » auraient représenté près de 1% de la surface brûlée par l’ensemble des incendies recensés en Alaska et dans les Territoires du Nord-Ouest canadien entre 2002 et 2018. Mais ce chiffre cache de très grandes variations: un feu zombie d’Alaska, en 2008, aurait été responsable à lui seul de 38% de la surface brûlée cette année-là.

Considérant qu’avec davantage de canicules, il y aura nécessairement une augmentation des feux de brousse ou de forêt, la crainte est donc qu’il y aura non seulement davantage de feux qui feront de gros dégâts, mais aussi davantage qui seront capables de « survivre » d’une saison à l’autre.

L’étude est parue le 19 mai dans la revue Nature.

S’il s’agit d’une inquiétude de plus pour les gestionnaires des forêts à ces latitudes —et pour les résidents— il pourrait en théorie s’agir d’une opportunité: cette recherche menée conjointement avec des chercheurs de l'Alaska ouvre en effet la porte à la possibilité de pouvoir un jour prédire lesquels de ces feux seront à risque de devenir des zombies. La tâche sera toutefois plus compliquée que dans les films, là où quiconque meurt devient automatiquement un zombie…