Pendant 33 mois, d’avril 2018 à décembre 2020, l’Europe a connu des précipitations très maigres et des températures assez élevées pour qu’on puisse parler d’un état de sécheresse. Une analyse des données conclut qu’il s’agissait de la pire sécheresse en 250 ans.

Aucune sécheresse couvrant une aussi grande portion du continent pendant aussi longtemps n’a en effet été observée depuis le milieu du 18e siècle, écrit une équipe de chercheurs internationaux, sous l’aile du Centre Helmholtz de recherche environnementale, en Allemagne. Leur travail, publié en mars dans la revue de l’Union géophysique américaine, reconstruit toutes les sécheresses documentées en Europe depuis 1766.

Les scientifiques définissent comme « sécheresse » la période pendant laquelle le contenu en eau des 2 premiers mètres du sol tombe en dessous du niveau du 20% des années les plus sèches des deux derniers siècles et demi. Entre 2018 et 2020, ce fut le cas d’une région inhabituellement large, incluant la France, l’Allemagne et la République tchèque. Et inhabituellement longue, puisque la durée moyenne des sécheresses depuis le 18e siècle était de 13 mois. Le tout, accompagné d’une température plus élevée, en moyenne, de 2,8 degrés Celsius par rapport à la normale.

Les chercheurs notent aussi que cette sécheresse s’est prolongée en 2021 dans les sols plus profonds: les précipitations plus élevées ne se sont manifestement pas rendues à plus de 2 mètres de profondeur.

Entre autres conséquences: une production de maïs de 20 à 40% inférieure en Allemagne et en France; une production de blé réduite de 17,5% en Allemagne; et une production d’orge diminuée de 10% dans presque toute l’Europe.