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La demande en électricité du bitcoin représente 200 millions de tonnes de CO2 depuis sa naissance il y a 13 ans, l’équivalent de quelques années de consommation d’un pays au complet comme la Colombie. Tout au plus la crise que vivent actuellement les cryptomonnaies, de même que la baisse de valeur du bitcoin, ont-elles ralenti la croissance de cette demande.

Le calcul provient d’un groupe de chercheurs de l’Université Cambridge qui a créé en 2019 le Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index, précisément dans le but d’évaluer le coût environnemental de la chose. Après avoir commencé en 2019 en n’évaluant que la facture énergétique du réseau international, l’équipe affirme avoir à présent suffisamment de données par pays et par firme de « minage » —le nom donné à l’opération consistant à valider électroniquement une transaction— pour être capable de dire à partir de quel moment les serveurs utilisés deviennent profitables pour tel ou tel entrepreneur.

Plus tôt ce mois-ci, un rapport du Bureau des sciences et des technologies de la Maison-Blanche, à Washington, avait évalué que l’électricité utilisée par l’industrie des cryptomonnaies aux États-Unis était équivalente à celle utilisée par tous les ordinateurs personnels du pays.

Il y a aussi le problème des déchets: en 2021, une recherche dirigée par le chercheur fondateur de Digiconomics —plateforme dédiée à « mettre en lumière les conséquences imprévues des tendances numériques »— évaluait que les déchets produits par le secteur —disques durs et autres équipements obsolètes— étaient l'équivalent des déchets électroniques produits en un an aux Pays-Bas.

Sur les 200 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) calculées par l’équipe de Cambridge, 92% ont été émises dans les quatre dernières années. La raison étant que, plus le réseau grossit, et plus la quantité de calculs que doivent faire les ordinateurs pour valider les transactions, grossit elle aussi. Les chercheurs prévoient que dans la prochaine année, le bitcoin devrait être responsable à lui seul de 48,3 millions de tonnes de CO2, ce qui correspondrait à peu près à 0,1% des émissions mondiales de GES… ou à la moitié des émissions de GES des mines d’or.

Environ un tiers (37%) de l’électricité provient de sources renouvelables, selon ces chercheurs. Un chiffre qui, souligne le New Scientist, diffère de celui du Bitcoin Mining Council, qui estime plutôt les sources renouvelables à 59%.