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Entre la pandémie qui n’en finit plus de rebondir et les catastrophes annoncées sur le climat,  il est facile d’oublier que l’actualité scientifique offre aussi son lot de nouvelles encourageantes, voire amusantes —ou qui redonnent simplement un peu de foi en l’humanité.

 

1- « C’est plein d’étoiles »

Le gagnant, toutes catégories confondues, est le télescope James-Webb ou plus exactement, les pixels qu’il a renvoyés sur Terre. Traditionnellement, une image du cosmos est de nature à susciter un « wow » admiratif. Mais dans ce cas-ci, la simple lecture des détails qui accompagnaient certaines photos —« cette image représente une portion du ciel qui équivaut à ce que couvrirait un grain de sable qu’on tiendrait à bout de bras »— laissait sans mots. Et il faut se rappeler que le travail de ce télescope ne fait que commencer.

James-Webb - juillet 2011

La revue américaine Science a fait du JW sa « percée de l’année » (breakthrough of the year), Nature le range dans son « Top 10 » de même que le Scientific American, le New Scientist et d’autres.

 

2- Une créature de la taille d’une ville

Même la biologie marine peut avoir son moment « wow ». Au fond de la Baie Shark, en Australie, des biologistes ont découvert une étendue recouverte d’une plante aquatique appelée Posidonie australienne (Posidonia australis), qui se révèle être en réalité une seule et même plante… couvrant plus de 200 kilomètres carrés !  Si on se fie à son rythme de croissance, il lui aurait fallu 4500 ans pour atteindre cette taille.

 

3- La souris qui dirige les arbres

On se doute que les interactions entre les nombreuses espèces vivantes d’un écosystème sont très complexes. On n’imagine pas à quel point, commencent à révéler des chercheurs du Maine. Il s’avère que tout dépendant du type de petit rongeur qui habite une forêt, et tout dépendant ces comportements, certains arbres seront avantagés. Par exemple, la bestiole qui préfère transporter tel type de graine plus loin, va en retour favoriser la reproduction de ce type d’arbre. Un facteur qui pourrait prendre beaucoup d’importance alors que les températures se réchauffent, et que les arbres capables de « migrer » plus vite vers le Nord seront avantagés…

 

4- Une onde de choc plus grande qu’une planète

De l’eau et des cendres expédiés à près de 60 km d’altitude. Et surtout, une onde de choc qui a fait le tour du monde… plusieurs fois ! L’éruption en janvier du volcan sous-marin Hunga Tonga-Hunga, dans le Pacifique Sud,  a été une opportunité pour découvrir les « ondes de gravité », quelque chose « d’unique », que « nous n’avions jamais vu auparavant », ont déclaré des experts. Elles ont atteint plusieurs dizaines de kilomètres d’altitude (et peut-être plus) et ont ainsi fait le tour du monde plusieurs fois.

 

5- 200 millions de protéines pour de nouveaux médicaments

L’intelligence artificielle ne se sera pas seulement signalée en 2022 pour une application capable de converser de façon réaliste. Elle a aussi fait franchir un pas de géant à 50 ans de recherches sur les protéines, recherches qui elles-mêmes sont en quête de nouveaux médicaments. C’est qu’une protéine est une structure étonnamment complexe, souvent comparée à un ruban replié de façon aléatoire. Concevoir un médicament est comme de chercher la bonne pièce du casse-tête qui va s’arrimer à la bonne forme de la bonne protéine. En juillet, des chercheurs ont annoncé qu’AlphaFold, une application d’intelligence artificielle (qui avait déjà été qualifiée de percée de l’année par la revue Science l'an dernier), était capable de prédire les structures de plus de 200 millions de protéines appartenant à environ un million d’espèces... soit à peu près tout ce qui se trouve en ce moment dans les bases de données.

 

6- Un coeur de porc

En janvier, un homme de 57 ans est devenu le premier à recevoir une transplantation d’un coeur de porc et à survivre à l’opération. Pendant seulement deux mois, mais c’était deux mois de plus que les tentatives menées dans le passé. Cette opération s’inscrit dans la recherche sur les xénotransplantations, ou transplantations d’un organe d’une autre espèce. Ces organes sont d’ordinaire rejetés par les patients, mais ce coeur de porc avait eu 10 de ces gènes altérés dans l’espoir que le système immunitaire humain ne le désigne pas comme un intrus.

 

7- La plus ancienne amputation

D’accord, cette nouvelle-là est moins agréable quand on s’imagine être à la place de l’amputé. Mais au-delà des frissons qu’on peut ressentir, il reste que 31 000 ans, ça fait reculer d’environ 20 000 ans la date de la plus ancienne opération chirurgicale connue. Car c’est bien de cela qu’il s’agit: sur l’île de Bornéo, en Indonésie, il y a 31 000 ans, un enfant s’est fait amputer la partie inférieure de la jambe gauche —une action réalisée par un ou des humains, avec soin, et non un accident, ce qui laisse supposer que ce peuple avait déjà une connaissance des conséquences d’une infection en train de se répandre dans les membres. Il a ensuite survécu pendant au moins six ans.

 

8- Un trou noir pas si lointain

Et comme quoi JW n’est pas le seul à avoir récolté des honneurs là-haut, le télescope spatial européen Gaia a découvert le trou noir le plus près de nous: seulement 1560 années-lumière (en comparaison, celui qui trône au centre de notre galaxie, Sagittarius A*, est à près de 27 000 années-lumière). Et ce record pourrait ne pas tenir le coup longtemps: des astrophysiciens ont déjà prédit qu’il pourrait y avoir des dizaines de millions de trous noirs « cachés » ici et là dans notre galaxie. Or, comme la mission de Gaia est de cartographier un milliard d’étoiles, les données qu’il est en train de récolter pourraient bien trahir l’empreinte de certains de ces trous noirs. Son équipe a publié en juin une « version 3 » de son travail, en cours depuis 2013.

 

9- Un arbre généalogique de 2 millions d’années

En analysant 3601 génomes humains provenant d’un peu partout dans le monde, et 8 génomes anciens, des chercheurs ont dévoilé en février ce qui pourrait être qualifié du plus ancien arbre généalogique humain. Bien qu’il comporte des limites —la principale étant qu’on a beaucoup de difficultés à avoir de l’ADN vieux de plus de 10 000 ans qui soit encore intact— les chercheurs ont pu déduire, à partir des différences d’un groupe à l’autre, des filiations remontant dans certains cas à 2 millions d’années. C’est la première tentative de cette ampleur, mais certainement pas la dernière.

 

10 - Oiseaux: 1, humains: 0

Dans ce qui est qualifié par les chercheurs de « course à l’innovation », des cacatoès de la région de Sydney, Australie, ont été filmés par ces chercheurs, qui voulaient démontrer leur habileté à s’adapter aux humains. Plus précisément, aux obstacles que placent les humains pour empêcher ces oiseaux d’aller fouiller dans les poubelles. Avec leur bec et leurs pattes, ces cousins des perroquets ont montré pour l’instant leur capacité à déjouer les obstacles de « niveau 1 », comme une pierre ou une brique placée sur le couvercle —et à transmettre ce « savoir » à leurs congénères.