Au Québec, de plus en plus de personnes vivent avec « une taille plus ». Depuis 30 ans, la prévalence de l’obésité abdominale a doublé, chez les femmes autant que chez les hommes, et peu importe le groupe d’âge. C’est le sujet de notre émission cette semaine. 

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Une récente étude de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui a dressé le premier portrait de cette question, rapporte que la prévalence de l’obésité abdominale a doublé depuis 1990. On note ces dernières années un ralentissement de cette progression. Mais les experts soutiennent que la proportion de Québécois de forte taille devrait néanmoins continuer d’augmenter pour atteindre près d’une personne sur 4 d’ici 2030. 

Pour ces experts, la définition d’un tour de taille élevé est de plus de 88 cm chez la femme et de plus de 102 cm chez l’homme. 

La sédentarité, l’alimentation riche et notre mode de vie peu actif, changent notre morphologie, ce qui peut avoir des conséquences sur notre santé.

Le surplus de poids a longtemps été considéré comme un signe d’abondance et de santé, mais plus maintenant. L’image des personnes en surpoids ou obèse est le plus souvent négative dans les médias. Paresse, incapacité de se prendre en main, malbouffe: les préjugés collent à la peau. 

La grossophobie —ce mot est entré récemment dans nos dictionnaires— désigne ainsi la stigmatisation et la discrimination envers les personnes obèses et en surpoids. Cette discrimination insidieuse, voire ces comportements hostiles, seraient de plus en plus visibles, particulièrement avec les réseaux sociaux.

Pouvons-nous changer notre regard sur les personnes à forte taille? Quels sont les défis de santé et de société? Isabelle Burgun en parle avec: 

  • Édith Bernier: diplômée en journalisme, autrice, blogueuse (La backpakeuse taille plus, « manuel des routards » de taille plus), conférencière et fondatrice de la plateforme Grossophobie.ca, lancée en septembre 2019. Elle a également lancé en novembre 2019 une pétition contre la grossophobie et demande à l'Assemblée nationale de revoir la Charte des droits et libertés. 
  • Benoît Arsenault: professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. Auteur de l’étude de l’INSPQ.

Comment explique-t-on les changements de morphologie et de tour de taille? Est-ce le temps de changer notre regard sur les personnes à forte taille et de ne plus associer minceur avec santé et grosseur avec maladie ? C’est quoi la grossophobie? Qu’en dit la recherche scientifique? Que faut-il pour que les personnes de forte taille se sentent mieux dans leur corps et dans la société ?

« On n’est pas tous prédisposés génétiquement à avoir le même poids corporel » -Benoît Arsenault

« S’il y avait une diète miracle qui fonctionnait, tout le monde l’aurait pris. » -Édith Bernier

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13 h et le samedi à 11 h sur les cinq stations régionales de Radio VM. Elle est animée par Isabelle Burgun. Recherche pour cette émission: Aurélie Lagueux Beloin. Vous pouvez également nous écouter, entre autres, sur CIBO (Senneterre), CFOU (Trois-Rivières), CIAX (Windsor) et Radio-Fermont. 

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. La naissance de l'émission, en 2008, avait également été accompagnée d'une initiative politique non partisane du même nom : rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook.