Les humains ressentent-ils de l’empathie pour les robots? Pour le savoir, des scientifiques allemands ont demandé à des sujets de visionner des vidéos montrant un petit dinosaure robotisé dans deux situations. Dans la première vidéo, le robot reçoit des câlins de la part d’un expérimentateur. Dans le second, il se fait frapper et jeter par terre.

Tout de suite après le visionnement, les chercheurs ont interrogé les participants pour connaître leur état émotionnel. Ces derniers ont déclaré avoir ressenti des émotions négatives en regardant le robot se faire molester. Et cela a été confirmé par des mesures physiologiques (degré de sudation).

Lors d’une seconde expérience, les chercheurs ont examiné au scanner le cerveau des sujets pendant qu’ils regardaient des vidéos présentant un humain, un dinosaure robotisé et un objet inanimé traité affectueusement, puis violemment.

Cette technologie a relevé des similitudes au niveau de l’activation des neurones du système limbique (siège des émotions) lorsque les sujets regardaient l’humain et le robot traités gentiment.

Ce constat laisse présager que les volontaires ont ressenti des émotions semblables dans les deux cas. Toutefois, lors de la présentation d’images empreintes de violence, l’activation du système limbique des sujets s’est avérée différente selon qu’il s’agissait d’un humain ou d’un robot. Cela laisse supposer que les volontaires ont éprouvé davantage d’empathie pour l’humain que pour le robot.

Cette recherche pourrait contribuer à mieux comprendre la nature des liens affectifs pouvant s’établir entre humains et robots. Ce domaine de recherche est en plein essor, car de nombreux experts en robotique tentent de mettre au point des robots pouvant jouer le rôle de compagnons pour les humains.

— Marie-Claude Ouellet