« Un tiers des émissions de dioxyde de carbone est absorbé par les océans », rappelle Ken Caldeira, de l’Université Stanford. C’est ce postulat qui l’a conduit à mener une étude sur l’acidité des océans : car tout chimiste apprend à l’université que le dioxyde de carbone (CO2) contribue à l’acidification des océans (en termes savants, on dit que le CO2 abaisse le pH de la surface de l’océan). Et des océans plus acides peuvent avoir de graves conséquences sur la vie marine.
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Jusqu’à quel degré les océans deviendraient-ils plus acides? C’est là qu’intervient Ken Caldeira. Selon ses calculs, publiés dans les Geophysical Research Letters, si rien n’est fait pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, l’acidification des océans atteindra en 2050 un niveau égal aux... déchets industriels. Du moins, selon les normes fixées par le gouvernement américain lui-même.
Selon ces normes en effet, dont la surveillance relève de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), le pH des océans, à moins de 200 mètres de profondeur, ne devrait pas varier de plus de 0,2 par rapport aux niveaux naturels. Ces niveaux naturels varient, selon les endroits et les estimations, de 8 à 8,25 pH. Tout ce qui se situe au-delà de ces mesures se retrouve catalogué avec les déchets industriels.
Seul problème pour un écologiste qui rêverait d’une poursuite : ces normes ne sont pas inscrites dans une loi.
« Si le CO2 atmosphérique dépasse les 500 parties par million (PPM), toute la surface de l’océan dépassera les normes de l’EPA », explique Caldeira au New Scientist. À l’heure actuelle, la concentration de CO2 est de 380 PPM. Des simulations informatiques ont par le passé conclu que, sans limites imposées aux émissions de gaz à effet de serre, ce chiffre pourrait passer à 500 PPM en 2050 et à 760 PPM en 2100.
Et la démarche poursuivie cette semaine par le gouvernement américain avec d’autres pays, dont le Canada, en marge du Protocole de Kyoto, laisse croire qu’il n’a pas l’intention de limiter les émissions de gaz à effet de serre dans un futur proche.





