Le chat rejoint le club des génomes. Un abyssinien de quatre ans appelé Cinnamon est devenu le premier à avoir sa « carte » complétée.

Bien qu’il ne s’agisse, comme chaque fois lors de telles « premières », que d’un brouillon —60% des paires de base qui forment les gènes— ce brouillon cache déjà quelques perles : plus tôt cette année, l’équipe internationale dirigée par Stephen O’Brien (mentionné ici), de l’Institut national du cancer de Bethesda (Maryland), avait identifié le gène responsable d’une mutation qui a rendu Cinnamon aveugle en bas âge —les abyssiniens souffrent fréquemment d’une maladie oculaire appelée rétinite pigmentaire.

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D’autres gènes responsables de maladies de chats se cachent peut-être dans ce séquençage ainsi que, qui sait, des gènes liés à des maladies humaines —justement dans le domaine des maladies oculaires, souligne dans Nature Kathryn Meurs, vétérinaire à l’Université de l’État de Washington, mais aussi du côté des maladies cardiaques. Les chats sont également sujets à des variantes d'infections connues des humains, comme le SRAS et le VIH.

Le décodage de ce génome aura coûté 10 millions$, une somme considérée comme normale pour ce type de travail —et les factures vont décroissantes d’année en année, à mesure que les technologies se perfectionnent et que la science appelée bioinformatique acquiert de l’expérience.

Autres bestioles à venir

La liste des animaux dont le génome est en cours de décodage, ou qui attendent leur tour, est longue. En fait, une liste d’attente a même été établie en 2005, tant étaient nombreux les chercheurs qui se bousculaient au portillon.

Les National Institutes of Health, le principal organisme subventionnaire de la recherche aux États-Unis, avait alors publié une liste de 26 mammifères, dont l’éléphant et le dauphin.

Certains chercheurs arguent que puisque les coûts du séquençage baissent d’année en année, il n’y a plus de raison pratique de s’en tenir à des brouillons —au contraire, on doublerait le travail, puisque celui-ci va devoir de toutes façons être repris par d’autres équipes. « C’est un peu comme de lire un livre, alors que vous ne pouvez en lire que la moitié de toutes les phrases », explique Steven Salzberg, biologiste à l’Université du Maryland.

Une version plus complète du génome du chat est prévue à l’Université Washington de Saint-Louis, Missouri, pour 2008.

Pascal Lapointe

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