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Trois comètes ont fait les manchettes en 2025, ce qui n’aurait pas été inhabituel, si ce n’avait été que la plus médiatisée l’a été parce que plusieurs ont voulu croire qu’elle avait quelque chose d’artificiel.

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Mais avant elle, il y a eu Lemmon (de son vrai nom, C/2025 A6), découverte en janvier et qui est demeurée visible pendant neuf mois, jusqu’en octobre. Lemmon a d'abord été surnommée la « comète verte » en raison de la teinte prise par sa queue sur les premières images des télescopes. 

La « queue » d’une comète est composée de gaz qui s’échappent de la boule de neige sale qu’est une comète, lorsque le Soleil commence à la réchauffer. Cette traînée qui tire alors plutôt sur le bleu, peut s’étirer sur des millions de kilomètres, voire des dizaines de millions dans le cas des plus notables. 

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Lemmon avait été découverte par un programme d’observation du ciel de l’observatoire du mont Lemmon, en Arizona, spécialement dédié au repérage de « géocroiseurs » ces astres dont la trajectoire pourrait les amener à croiser l'orbite de la Terre. La comète est à présent de l’autre côté du Soleil par rapport à nous, ce qui la rend impossible à observer. 

Entretemps, il y avait eu, en septembre, la découverte de C/2025 R2 (SWAN). À la fin-octobre, elle était suffisamment brillante pour être toujours visible avec de bonnes jumelles, en dépit du fait que, dans le ciel de l'hémisphère nord, elle avoisinait la Lune. Elle venait à ce moment de passer son point le plus rapproché de la Terre.

Mais ce sont surtout les astronomes qui ont pu en profiter. C’est d’ailleurs à un astronome chilien qu’on doit une image, en octobre, de cette comète passant devant la nébuleuse de l’Aigle, une structure cosmique de gaz et de poussière située à plus de 5000 années-lumière.

Comète Swan et nébuleuse de l'Aigle

Image: Daniele Gasparri

Et enfin, il y a eu la comète aux spéculations: 3I/Atlas. Découverte en juillet 2025, elle aurait été célèbre même si elle n’avait pas été qualifiée de sonde extraterrestre. Après tout, elle n’était que la 3e visiteuse (d’où le chiffre 3 au début de son nom) à avoir son origine dans l’espace interstellaire (d’où le i). Autrement dit, il s’agit d’une comète qui a échappé à l’attraction de sa propre étoile, il y a de cela très longtemps, et qui n’a fait que passer dans notre système solaire.

Rien que ça l’a rendue fascinante pour les astronomes: elle constitue une rare opportunité pour tenter d’étudier la composition d’une comète venue d’ailleurs, et d’en apprendre ainsi sur la composition de son système solaire d’origine.

Historiquement, les comètes ont toujours fasciné. Pour ceux de nos ancêtres dont la tâche était d’observer le ciel à la recherche de messages envoyés par les dieux, une nouvelle étoile qui apparaissait était un événement. Si elle se déplaçait d’une nuit à l’autre et grossissait, de nouvelles interrogations surgissaient. Si elle dessinait une longue traînée derrière elle, s'entremêlaient interrogations et inquiétudes. 

La Tapisserie de Bayeux, une célèbre oeuvre d’art qui raconte l’invasion de l’Angleterre en l’an 1066, montre une comète —qui pourrait être celle dont on ne savait pas encore qu’on l’appellerait, sept siècles plus tard, la comète de Halley.

La tentative de donner une origine hors de l’ordinaire à 3I/Atlas s’inscrit donc dans la continuité de ces interrogations: elle était une anomalie parmi ces visiteuses cosmiques devenues, depuis Halley, presque routinières. 

Quant à Lemmon, elle méritait un maximum d’attention: elle ne reviendra dans nos parages que dans 1155 ans. 

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