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La décision du gouvernement américain de se retirer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est devenue effective en janvier 2026. Sauf qu’un projet circule actuellement à Washington pour créer, en lieu et place, des systèmes qui seraient plus coûteux que ceux que gérait l’OMS.

Selon des témoignages obtenus par le Washington Post, le ministère de la Santé des États-Unis serait en effet derrière une initiative visant à mettre sur pied des réseaux internationaux de partage des données et de réaction rapide à une crise, réseaux auxquels ce ministère avait jusque-là accès via l’OMS. La facture s’élèverait à 2 milliards$ par année, soit trois fois ce que les États-Unis payaient à l’OMS jusqu’à l’annonce de leur retrait 

Les États-Unis avaient fourni en 2024-25 environ 10% du budget de l’OMS, si on calcule à la fois les contributions « fixées » (basées sur un pourcentage du produit intérieur brut de chaque État) et « volontaires » (liées à des initiatives précises).

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Un projet trois fois plus coûteux serait d’autant plus ironique qu’une des raisons invoquées l’an dernier par la Maison-Blanche pour retirer les États-Unis de l’OMS était « les paiements injustes et trop coûteux ». 

Il est toutefois possible que des négociations soient en cours en coulisses. Le magazine américain Politico évoquait le 22 janvier qu’une « course » serait entamée pour convaincre le président Trump de ramener les États-Unis dans le giron de l’OMS, si on pouvait trouver quelqu’un qui lui plairait comme futur grand patron. Le mandat de l’actuel directeur, Tedros Adhanom Ghebreyesus, prend fin en mai 2027.

À la base, l’OMS est depuis longtemps en attente de réformes sur sa gestion et ses budgets. Les candidats pour succéder à l’actuel directeur « vont venir à Washington » et vont devoir se présenter avec « un ordre du jour de réformes pour l’OMS », commentait dans Politico le directeur d’un groupe de réflexion sur les politiques de la santé basé à Washington.

Mais il n’est pas sûr que des réformes budgétaires soient suffisantes : avant tout, Trump a accusé l’OMS d’avoir été de mèche avec la Chine pendant la COVID, une accusation qui a plusieurs fois été déboulonnée. Seule la lenteur à obtenir de la Chine des données sur le nouveau virus a été un enjeu, dans la première quinzaine de janvier 2020 (ce mois-là, le président Trump avait même tweeté que la Chine avait la situation bien en main et vanté la transparence de son homologue chinois). En comparaison, il a fallu un mois et demi —soit jusqu’en mars 2020— à un grand nombre de pays, dont les États-Unis et le Canada, pour réagir à « l’urgence de santé publique de portée internationale » déclenchée par l’OMS. 

Dépenser trois fois plus « pour créer ce à quoi nous avions déjà accès ne fait aucun sens », commente dans le Washington Post le chercheur Tom Inglesby, de l’École de santé publique de l’Université Johns Hopkins. « Nous n’aurons pas la même qualité ou la même étendue d'informations que nous aurions dans l’OMS, et aucun équivalent de l’influence que nous avions ». 

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