L’idée que la hausse du niveau des mers soit plus rapide qu’avant se précise : au début des années 2010, le rythme s’est accéléré, et il est resté, depuis, systématiquement au-dessus de la moyenne. Et la cause pourrait se cacher dans les profondeurs des océans.
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Le délai est toutefois trop court pour affirmer hors de tout doute qu’il s’agit d’une conséquence de l’accélération du réchauffement climatique, nuancent les chercheurs de l’Université de Toulouse qui ont présenté ces résultats lors du congrès de l’Union européenne des géosciences, le 5 mai.
Mais ce qui se trame à plus de deux kilomètres de profondeur, en particulier dans l’Atlantique nord, pourrait être la pièce manquante du casse-tête: d’autres résultats présentés lors du même congrès pointent vers un réchauffement à ces profondeurs, qui était jusqu’ici difficile à mesurer parce que la majorité des instruments météorologiques ne descendent pas aussi bas. Ce réchauffement des profondeurs —l’eau plus chaude prend plus de place— ajouté aux effets de la fonte des glaces et ajouté au réchauffement en surface, expliquerait la différence dans le niveau des océans.
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En chiffres, cela se traduit par une hausse moyenne qui, de 2,9 millimètres par an pendant la période 1993-2011, atteindrait 4,1 millimètres par an pendant la période 2012-2024.
Certains des mêmes chercheurs avaient déjà publié une première étude en ce sens en janvier dernier.
En comparaison, la plus récente estimation sur le réchauffement de surface, parue en mars dernier, est qu’au cours de la décennie 2014-2024, la planète aurait gagné environ 0,36 degré Celsius, alors qu’au cours des 40 années précédentes, elle ne gagnait que 0,18 degré par décennie.
Paradoxalement, une des raisons de cette accélération du réchauffement pourrait être nos règlements anti-pollution sur les carburants: en réduisant les émissions mondiales de dioxyde de soufre de 40% depuis 20 ans, nous avons réduit la quantité d’aérosols, ces très fines particules qui, parce qu’elles sont en suspension dans l’air, reflètent vers l’espace une partie des rayons du soleil. Moins de ces particules dans l'air signifie donc davantage de rayons du Soleil qui atteignent le sol, donc un peu plus de réchauffement.




