D’un côté, les États-Unis suspendus à leur navette spatiale comme à une bouée de sauvetage seule capable de sauver la chancelante station spatiale. De l’autre, l’Europe, engagée lentement mais avec assurance, sur la route de la Lune.

C’est ainsi que les observateurs de la scène spatiale ont décrit ces derniers jours le succès européen, un succès pourtant peu évident au premier regard, puisqu’il a consisté à envoyer une sonde s’écraser sur la Lune!

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Mais un succès bel et bien réel, puisqu’il met fin de manière spectaculaire –et volontairement médiatique, il faut le dire– à une mission qui s’est déroulée sans anicroches, et qui constitue la première phase d’un plan à long terme de retour sur la Lune.

Et tout cela, pour des centaines de fois moins cher que la navette spatiale.

SMART-1, la sonde spatiale en question, qui s’est écrasée sur la Lune à l’heure prévue dimanche dernier, 3 septembre, était en orbite autour de notre satellite depuis décembre 2005, se livrant à diverses analyses géologiques. Mais son principal fait d’armes était d’être arrivée là-haut grâce à un moteur ionique, ce nouveau mode de propulsion qui représente peut-être l’avenir du voyage spatial: il est plus économe en carburant, donc nécessite un engin beaucoup moins lourd, donc beaucoup moins coûteux.

La sonde a pourtant mis 14 mois pour atteindre l’orbite lunaire –contre 3 jours pour les missions Apollo d’il y a 35 ans– mais cette lenteur était elle-même le résultat du test de ces nouvelles technologies. Le principe du moteur ionique réside dans l’expulsion de xénon, littéralement atome par atome. La poussée, chaque fois, est infime, mais à long terme, elle s’avère payante. S’il y a peu de chances qu’elle propulse jamais un autobus spatial Terre-Lune, en revanche, elle serait parfaite pour abréger les longues missions vers Mars ou les planètes lointaines.

Autre technologie prometteuse: le détecteur à rayons X de SMART-1, qui a été au coeur de ses analyses géologiques: il équipera une autre sonde lunaire, envoyée par l’Inde celle-là, en 2007 ou 2008. Les États-Unis ne sont définitivement plus les seuls dans la course à la Lune...

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