C'est du moins la vision des experts invités à penser l'avenir énergétique du Québec, lors du colloque sur la place du Québec dans le secteur des énergies renouvelables, organisé dans le cadre du 78e Congrès de l’ACFAS, qui s'est tenu récemment à Montréal.
Abonnez-vous à notre infolettre!
Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!
Daniel Breton, du groupe Maître chez nous 21e siècle, dénonce l'absence au Québec d'une politique énergétique axée sur l'énergie verte et renouvelable. « D'un côté, le gouvernement Charest vante sa politique audacieuse de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20 % des cibles pour 1990, et de l'autre, il approuve des projets aussi controversés que le prolongement de l'autoroute 25 ou le réaménagement de l'échangeur Turcot, une vision rétrograde des années 1960. »
L'exploitation des ressources énergétiques comme le gaz naturel ou l'hydroélectricité passe inévitablement par les régions, explique par ailleurs Cherkaoui Ferdous, de Solidarité rurale. Dans sa présentation sur le développement énergétique et l'aménagement du territoire, M. Ferdous parle de la participation concrète des régions rurales à l'émancipation énergétique du Québec. « Contrairement à la pensée populaire, l'agriculture ne compte que pour 6 % de l'activité économique rurale et 94 % sont occupés par d'autres secteurs. » La vision de Solidarité rurale s'appuie sur plusieurs solutions durables, dont l'implantation d'industries à grande efficacité énergétique. Il faut aussi impliquer le savoir-faire des travailleurs et des entrepreneurs locaux dans la conversion d'anciennes usines de fabrication de pâtes et papier en centre d'utilisation de biomasse, à partir des résidus forestiers en abondance sur le territoire, explique-t-il.
Libérez-nous du pétrole, aurait pu chanter Hugo Séguin, d'Équiterre, lors de sa présentation pour montrer à quel point les Québécois sont dépendants de l'or noir. « À elle seule, l'industrie agricole utilise 67 % du pétrole pour ses besoins énergétiques, soutient-il. De 1998 à 2008, la population de la province s'est accrue de 6 %, alors que la flotte automobile a grimpé de 31 % ». Une indépendance difficile à acquérir, convient-il, mais réalisable parce que le contexte est plus que jamais propice au changement. « Le pétrole conventionnel s'épuise et les nouveaux puits de forage devront en produire 6 fois plus que toute la production de l'Arabie Saoudite combinée pour suffire à la demande actuelle », cite en exemple M. Séguin.
L'approvisionnement précaire, notamment l'extraction des sables bitumineux couplée aux changements climatiques bousculent l'écosystème et forcent l'arrivée de solutions énergétiques propres. « En commençant par la réduction de la consommation, dont on ne parle à peu près jamais dans les consultations publiques, mais qui reste une solution durable, abordable et efficace », souligne Daniel Breton.





