CHICAGO - Aux États-Unis, elles sont en tout cas nombreuses à le croire. Près de quatre ans après l’Accord des maires sur la protection du climat, qui constituait un pied-de-nez au président Bush —et désormais signé par 911 municipalités— quelques-unes ont fait des pas concrets pour combattre à leur façon les gaz à effet de serre. Survol de trois d’entre elles.

Seattle, dans l’État de Washington, s’enorgueillit d’être la pionnière de beaucoup de choses. L’Accord des maires, c’est son idée, en février 2005. Un accord par lequel les municipalités signataires s’engagent à respecter les objectifs du Protocole de Kyoto —ce même Protocole auquel leur gouvernement fédéral, à Washington, tournait le dos.

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Mais l’Accord des maires aurait pu n’être qu’une belle déclaration d’intentions. En septembre 2006, Seattle déposait donc son Initiative de protection du climat. Au menu : toits verts, investissements dans les transports publics, réforme de la politique des infrastructures routières, qui prévoit qu’un pourcentage de chaque nouvel investissement soit désormais alloué aux piétons et aux vélos...

Évidemment, raconte Steve Nicholas, qui fut le directeur du développement durable de Seattle de 2000 à 2008, « comme ville, nous n’avons pas de contrôle sur les normes automobiles, mais nous pouvons acheter des véhicules hybrides ou à l’éthanol : la flotte de la ville est composée de 4000 autos et camions. Et nous pouvons utiliser le Segway pour beaucoup d’applications ».

Steve Nicholas était l’un des participants à une table-ronde organisée en fin de semaine au congrès de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS), aux côtés de ses homologues de New York et de Chicago. À New York, on en est encore à la phase un, celle d’identification des priorités et des risques (par exemple, les inondations, avec la montée du niveau des eaux); le plan d’action a été déposé en décembre 2008.

Quant à Chicago, son maire avant lancé il y a huit ans le défi de faire de cette troisième métropole de États-Unis la ville la plus verte (pistes cyclables, plages publiques, toits verts, etc.). Lorsque le « climat » est devenu propice à des initiatives urbaines contre les changements climatiques, le terrain était donc plus mûr qu’ailleurs.

Statistique-choc : les villes représentent moins de 1% de la surface de la planète... mais 80% des gaz à effet de serre.

Voyez nos autres textes sur le congrès 2009 de l'AAAS: Science et politique: au niveau local? / Les villes peuvent-elles lutter contre le réchauffement? / Les damnés de la Terre / Les cercles vicieux du réchauffement / Profession: consultant scientifique hollywoodien / Al Gore en appelle aux scientifiques / Journalistes scientifiques en voie de disparition

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