La voix de la maman est spéciale. Elle possède le pouvoir de calmer son enfant ou de stimuler la tétée du nouveau-né. Des chercheurs ont découvert qu’elle activerait également le circuit du langage.

Cette découverte guide les chercheurs vers l’origine du langage. « L’activité électrique du cerveau du nouveau-né est à son maximum quand sa mère lui parle. Cette activité se situe dans l’hémisphère cérébral gauche et donc pas au même endroit que les autres voix », soutient Maryse Lassonde du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.

Le nouveau-né est capable de différencier la voix de sa mère de celles qui l’entourent. C’est ce que démontrent les enregistrements de l’activité électrique du cerveau de 16 bébés réalisés dans les 24 heures suivant la naissance.

Cette voix très familière active, chez lui, les zones du cerveau de l’apprentissage linguistique. Tandis que les autres voix se répercutent dans les zones de la reconnaissance de la voix dans l’hémisphère cérébral droit.

À l’écoute de maman

Le nouveau-né écouterait attentivement la voix de sa mère, car elle lui permettra d’apprendre à parler. « Lorsqu’il entend le son “A”, le jeune bébé place déjà sa bouche pour reproduire le son. La voix de sa maman active la boucle phonoarticulatoire du cerveau », explique la chercheuse.

Parmi 1000 « A », le nouveau-né distingue les 200 articulés par sa maman. Un stimulus long de 212 millisecondes seulement!

L’enfant naît donc avec la capacité de discriminer la voix qui privilégiera le développement de la zone du langage. La neuropsychologue poursuit actuellement des recherches sur des enfants prématurés afin de déterminer le moment de l’apparition de ce processus.

De nombreux parents d’enfants prématurés leur font la lecture afin de renforcer le lien affectif. Cela pourrait avoir également un effet très bénéfique sur le circuit langagier.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans une édition en ligne de la revue Cerebral Cortex.