Difficile d'y échapper: cette semaine, les représentants de tous les pays du monde se retrouvent à Rio, 20 ans après un Sommet de la Terre historique. Ce que vous trouverez sur cette page, remise à jour du 20 au 22 juin: des liens vers des textes approfondis ou originaux, pour vous aider à comprendre ce que vous aurez entendu ou lu ailleurs.

Ajout 23 juin, 8h15: En l’absence de chefs d’État prestigieux, qui furent les vedettes? La féministe brésilienne Brigida de Souza, l’aîné de la nation Kayapo, Raoni Metuktire...

Ne nous contentons pas du pessimisme, préviennent les environnementalistes Frances Beinecke et Trip Van Noppen dans le New York Times. "Rio + 20 n'est pas juste un document. Ce doit être un catalyseur" pour tous les gens capables.

Ajout 22 juin, 8h: Rio + 20 est, bien sûr, un congrès vert. Mais qui finance toutes les initiatives vertes du Sommet? Une compagnie minière, qui a reçu au Brésil le prix de « pire compagnie de l’année », et une compagnie d’électricité à la tête d'un des projets controversés de barrage en Amazonie. ( New York Times )

Pourquoi le président Obama n’est-il pas à Rio? Bien sûr, les changements climatiques ne sont pas un gros enjeu électoral. Mais le reste non plus : aide étrangère, inégalités en santé et en richesse, océans et protection de la biodiversité.

Le Guardian de Londres en rajoute : la crise de l’euro et la campagne électorale américaine ont nui à Rio + 20.

Et Le Canada, au coeur de l'opposition aux initiatives originales de Rio + 20 (Le Devoir, abonnés seulement)

Ajout 21 juin, 8h55: Sur l'économie verte et la croissance:

  • le New Scientist propose un article particulièrement fouillé. « Avons-nous commencé à moins consommer? » La réponse, globalement, est non, mais des changements d’attitude ici et là commencent à se faire sentir, face au mythe d’une croissance infinie et ininterrompue avec lequel nous vivons depuis une soixantaine d'années.
  • une des façons d'avancer, proposée depuis des années, serait de mesurer notre richesse par d'autres indicateurs que le PNB. La question est revenue sur la table à Rio: ce pourrait être une retombée positive de ce sommet.

Ajout 20 juin, 15h45: En entrevue avec notre journaliste, Jean-Pierre Revéret, de l'UQAM, explique ce qu'il faut attendre (et ne pas attendre) de Rio.

Une des thématiques sur la table: mousser une économie plus verte. Comment concilier cela avec la nécessité, devant notre petite planète, de ralentir notre croissance ou du moins de penser différemment le concept de « croissance »?

Ajout 20 juin, 10h30: Une façon moins pessimiste de voir ce Sommet est de se convaincre qu'il n’est qu’une étape d’un long processus de prise de conscience, pas une fin en soi. Les pays émergents continuent de gagner du pouvoir, et les groupes citoyens aussi. (Stephen Lacey, Climate Progress)

Il y a bien des façons de réduire notre dépendance au pétrole, et davantage financer les éoliennes n’est pas la seule:

  • Il y a la possibilité d’annuler les subventions aux énergies fossiles. En même temps que le groupe 350.org lançait une campagne de 24 heures sur Twitter, #EndFossilFuelSubsidies le gouvernement canadien s’employait à combattre l’idée que le Sommet Rio + 20 puisse recommander de mettre fin à ces subventions aux énergies les plus polluantes.
  • Il y a aussi le rôle des villes. A Rio, les maires de New York et de Rio ont déclaré que 48 de plus grandes villes du monde ont pris des mesures pour réduire 248 tonnes de gaz à effet de serre d'ici 2020, l'équivalent de 44 millions d'automobiles en moins pendant un an.

Pourquoi une chronique d'un échec annoncé?

Les arguments économiques sont pourtant bien plus concrets qu'ils ne l'étaient lors du Sommet de 1992. Entre autres, le calcul des limites que commence à atteindre notre (trop) petite planète se fait de plus en plus précis. C'est dans ce sens que va le rapport de l'ONU et l'étude dans Nature, tous deux parus plus tôt ce mois-ci. Le 18 juin, un groupe de scientifiques et de décideurs y allait d'une déclaration solennelle, qui a eu peu d'échos.

De jeunes ambassadeurs des régions polaires se sont rendus jusqu'à Rio, rapporte la blogueuse Audrey Yank. Ils espèrent ne pas avoir parcouru ces milliers de kilomètres pour rien...