Le tremblement de terre qui a tué mercredi au moins 250 personnes, dans le centre montagneux de l’Italie, s’est produit dans une zone géologiquement très complexe... et pour cette raison, très active.

Deux frottements s’y croisent à la vitesse des plaques tectoniques : d’une part, la « micro-plaque » adriatique passe dans un axe est-ouest, sous la chaîne des Monts Apennins, au flanc desquels se trouvent les villages en partie détruits mercredi. D’autre part, les grandes plaques eurasienne et africaine sont entrées en collision à cet endroit il y a plusieurs dizaines de millions d’années, ce qui a créé les Alpes — et étire les Apennins d’un millimètre par an. Le tout crée une gigantesque tension qui ne peut faire autrement que de libérer beaucoup d’énergie à intervalles irréguliers. Des documents historiques remontant à plus de 700 ans font état de séismes dévastateurs sur le flanc des Apennins.

L’épicentre du séisme, d’une magnitude de 6,2 était situé à proximité de la ville médiévale d’Amatrice, « ville à la centaine d’églises ». Mais il était aussi situé à 50 km du lieu d’une autre série de secousses survenue en 1997, qui avait tué plus de 100 personnes, et à 45 km de L’Aquila, théâtre d’un troisième séisme, en 2009, qui avait tué plus de 300 personnes. Ce dernier est celui qui a donné lieu à une poursuite judiciaire inédite contre des scientifiques, accusés de meurtre pour avoir mal informé la population des risques. Ils ont été acquittés en 2014.

Le séisme de mercredi était le plus fort en Italie depuis celui de 2009. Le fait qu’il se soit produit relativement près de la surface — environ 10 km, selon le US Geological Survey — expliquerait l’ampleur des dégâts sur les bâtiments. Le séisme a aussi été suivi de plus de 200 répliques en quelques heures, et certains sismologues, s’appuyant sur la séquence de 1997, craignent d’autres secousses dans les jours et les semaines à venir.