« Nous avons abandonné. Nous avons échoué. » C’est en ces mots qu’un des experts de la Grande barrière de corail, Jon Brodie, décrit au quotidien The Guardian la catastrophe écologique qui s’offre à lui. 

Les relevés aériens complétés la semaine dernière confirment les constats pessimistes des derniers mois : c’est une zone de 1500 km de long (sur les 2300 km de la Grande barrière) qui est affectée par le blanchissement cette année, laissant moins d’un tiers de la Grande barrière intacte, essentiellement dans sa partie sud. On appelle blanchissement des coraux ce phénomène de dépérissement de ces écosystèmes partout dans le monde, causé par le réchauffement des eaux et accentué par la pollution. Le blanchissement de la Grande barrière de corail de l’Australie en 2016, qui avait été le plus sévère de l’histoire récente — une conséquence du phénomène météorologique El Niño — avait affecté surtout la partie nord : les experts estiment qu’un tiers des coraux de ce segment sont morts. Le blanchissement de cette année touche la même région et s’étend de 500 km vers le sud.

Le fait que l’Australie soit en train de vivre une deuxième année consécutive de ce blanchissement catastrophique alors qu’El Niño n’est plus là pour contribuer à la hausse des températures, fait craindre le pire pour la suite.