Chaque année, le blogue Retraction Watch fait son bilan des erreurs de publication les plus mémorables des 12 derniers mois —celles assez grosses pour avoir conduit à une rétractation, c’est-à-dire le retrait d’un article publié. Sans surprise, la Covid domine là aussi cette année.

Trente-neuf articles sur le fameux virus ou sur la pandémie ont été jusqu’ici retirés des serveurs de pré-publication ou des revues scientifiques, écrivent les auteurs. C’est peu par rapport aux 1600 articles retirés en 2020 —mais 10 de ces 39 ont fait suffisamment de bruit pour se mériter une place dans les 15 « meilleurs » de Retraction Watch.

Le premier est, de fait, l’événement qui a eu le plus de retentissement dans l’opinion publique: deux articles retirés, l’un paru initialement dans le Lancet et l’autre dans le New England Journal of Medicine, qui s’appuyaient sur les données récoltées par une firme à la réputation douteuse, Surgisphere. L’article du Lancet portait de plus sur l’hydroxychloroquine, et c’est ce qui a donné à cet événement un impact dont on discutera sans doute encore dans plusieurs années.

Mais l’hydroxychloroquine ne s’en est pas sortie indemme, puisqu’elle figure en deux autre endroits de ce palmarès 2020 de la rétractation: d’une part, pour un article pré-publié en mai et rapidement retiré, et d’autre part, pour une arnaque créée en août par deux chercheurs suisses qui voulaient dénoncer les pratiques d’une revue dite « prédatrice », en lui soumettant un article faisant faussement état de données favorables à ce médicament.

Dans la catégorie des « non seulement rétractées mais n’auraient jamais dû être publiées », on trouve aussi une recherche prétendant avoir trouvé un lien entre la 5G et le coronavirus, pour lequel l’éditeur s’est justifié en alléguant que le texte n’avait pas encore été officiellement publié, il était juste en ligne. Hors-Covid, l’un des auteurs de ce dernier article s’est aussi avéré être le signataire de cinq autres articles rétractés, dont un qui affirme qu’un « trou noir au centre de la Terre (…) connecte l’ADN, l’ADN sombre et les molécules d’eau ».