La chaîne alimentaire devait être moins compliquée il y a 500 millions d’années, une époque où la plupart des êtres vivants faisaient la taille de notre petit doigt. Une équipe de paléontologues affirme avoir identifié l’un des plus anciens prédateurs connus.

Il se déplaçait au fond de la mer, et ses « bras » ou appendices raclaient la vase, y attrapant de petites créatures —probablement des vers— dont il se nourrissait. Sa cinquantaine de centimètres de long faisait de lui un « gros » prédateur pour l’époque, « probablement au sommet de la chaîne alimentaire », résume Joe Moysiuk, de l’Université de Toronto, qui, avec son collègue Jean-Bernard Caron, conservateur principal des invertébrés au Musée royal de l’Ontario, vient de publier ses conclusions dans la revue Royal Society Open Science.

La bestiole, dont une équipe de paléontologues canadiens avait identifié la carapace en 2018 en Colombie-Britannique, a été baptisée Titanokorys gainesi. Elle appartenait à la branche aujourd’hui éteinte des radiodontes. Le fossile sera intégré à une exposition au Musée en décembre.

La forme de cette carapace —plus large et plus aplatie que les carapaces des autres radiodontes— qui lui recouvrait la tête, laisse supposer que l’animal vivait sur le plancher sous-marin.

Une cinquantaine de centimètres peuvent sembler négligeable aujourd’hui, mais c’était suffisamment imposant, il y a 500 millions d’années, pour avoir valu à cette découverte le nom Titanokorys —du nom titan, ou géant. Cette époque, appelée le Cambrien —qui commence il y a 540 millions d’années— est celle où apparaissent une multitude de nouvelles branches de l’évolution, des mollusques aux arthropodes —une branche qui regroupe aujourd’hui aussi bien les crabes que les araignées, et plus de 80% des espèces actuelles.

Image: Lars Fields, Musée royal de l'Ontario