pendentif-quantique.jpg

Des personnes convaincues que les antennes 5G émettent des « ondes » nocives ont choisi de porter des objets pour s’en protéger… qui s’avèrent être radioactifs.

Vendus aux Pays-Bas et ailleurs avec le qualificatif « armures d’énergie », 10 objets allant du bracelet pour enfants au masque de sommeil en passant par le « pendentif quantique », ont récemment fait l’objet d’un avertissement de l’agence néerlandaise  de sécurité du nucléaire et de protection contre les radiations (ANVS).

Les radiations en question ne sont pas à un seuil dangereux, précise l’avertissement et « le risque pour la santé est faible ». Mais le fait qu’il s’agisse d’objets destinés à être portés 24 heures sur 24, et en contact direct avec la peau, pourrait produire une accumulation dépassant le seuil recommandé par les autorités de la santé des Pays-Bas.

La compagnie derrière ces produits, basée aux États-Unis, se vante de « distribuer et vendre » des « bracelets d’énergie à ions négatifs », une expression qui, dans ce contexte, ne veut rien dire de particulier pour la santé.

Différence entre ondes ionisantes et non ionisantes

Lorsqu’on parle de « radiations », ou « d’ondes électromagnétiques », la physique distingue les « ionisantes » des « non ionisantes ». Les « non ionisantes » ne sont pas dangereuses pour l’être humain: ce qui est émis (on parle ici de la « longueur d’onde ») ne peut pas provoquer de dommages à l’organisme. On retrouve dans cette catégorie les appareils électroniques, dont les téléphones cellulaires, les électroménagers, les fours micro-ondes, les séchoirs à cheveux, les dispositifs antivol et même les radars. Il n’y a pas de réelle différence entre 4G ou 5G.

Les « non ionisantes » sont capables, à haute fréquence, de réchauffer, mais pas de briser des molécules. Des décennies de recherches existent à ce sujet, par exemple chez les travailleurs de l’électricité exposés à des doses plus élevées que la grande majorité de la population.

Quant aux ondes dites « ionisantes », elles atteignent un seuil où elles peuvent —potentiellement, à certaines doses ou tout dépendant de la proximité— endommager les liens entre les molécules qui composent notre ADN (et ces effets sont bien documentés). On retrouve dans cette catégorie les rayons X et certains types d’imagerie utilisés en médecine, ainsi que des phénomènes naturels comme les rayons cosmiques et les rayons gamma émis par certaines substances radioactives. Les 10 objets qui font l’objet de cet avertissement « contiennent des substances radioactives », décrit le communiqué de l’AVNS et c’est la raison pour laquelle ils « émettent en continu des radiations ionisantes qui peuvent causer des problèmes de santé ».

Crédits photo: Un « pendentif quantique » censé protéger des ondes 5G.