La Russie menace de couper les ponts avec la Station spatiale, a-t-on pu entendre samedi. Mais jusqu’à preuve du contraire, ce sont des menaces qui ne sont pas prises au sérieux.

Certes, le chef de l’agence spatiale russe Roscosmos, Dmitri Rogozine, s’est fendu samedi matin d’une série de messages incendiaires sur Twitter, menaçant de mettre fin à la collaboration russe si les États-Unis ne mettaient pas fin aux sanctions imposées à cause de la guerre en Ukraine. Mais ses menaces avaient à peine eu le temps de devenir virales que les habitués du milieu rappelaient que Rogozine n’en était pas à ses premiers messages incendiaires.

Il avait de toute façon déjà annoncé la couleur: en mars, il avait exigé des États-Unis et de leurs alliés qu’ils mettent fin à leurs sanctions le 31 mars. Il avait ensuite promis qu’il réagirait le 2 avril. Ce qu’il a fait. Mais en soi, il n’a pas l’autorité de mettre un terme à la contribution russe à la station spatiale: tout au plus peut-il le recommander à son gouvernement, ce qu’il est d’ailleurs censé faire cette semaine.

En fait, note le journaliste spécialisé dans les affaires spatiales Eric Berger, « les milliers d’employés de Roscosmos ont pris zéro action concrète » qui lancerait un éventuel processus de désengagement d’une entreprise aussi complexe que la station spatiale internationale. On pourrait aussi évoquer que l’exploration spatiale est une source de fierté en Russie et que, sans la station —en fait, sans aucune collaboration avec les pays occidentaux— la Russie perdrait ce qui lui reste de statut de « puissance spatiale ».

En réaction, la NASA avait tout de même publié le 30 mars une lettre de son directeur, Bill Nelson, assurant que la « coopération gouvernementale internationale » dans l’espace se poursuivait normalement, incluant les activités reliées à la station avec la Russie, le Canada, l’Europe et le Japon. L’entente entre ces pays court jusqu’en 2024 et des discussions ont lieu pour le prolonger jusqu’en 2030.

Mercredi dernier, un astronaute américain et deux Russes, sont revenus sur Terre comme prévu à bord d’une capsule Soyouz.