474382-chromosomes-x-y-determinant-sexe.jpg

Parce que les femmes ont deux chromosomes X, et que les hommes ont un X et un Y, le chromosome X est parfois considéré comme exclusivement féminin. Toutefois, des recherches récentes tendent à démontrer qu’il joue un rôle important dans la reproduction masculine.

Le sperme d’un homme en santé peut contenir jusqu’à 200 millions de spermatozoïdes par millilitre. Chez un homme avec des problèmes de fertilité, ce nombre peut diminuer à moins de 10 000.

Une équipe internationale de chercheurs a donc procédé à une analyse comparative de ces individus et identifié une vingtaine de gènes situés sur le chromosome X qui, lorsqu’ils présentent des mutations, affecteraient la production de spermatozoïdes. De plus, 34 autres gènes localisés sur le même chromosome sont aussi considérés comme suspects. Dans la majorité des cas, ces gènes sont normalement impliqués dans les processus de division cellulaire, qui sont nécessaires à la fabrication des spermatozoïdes. La recherche est parue le 8 juillet dans The American Journal of Human Genetics.

Puisque les hommes reçoivent leur unique chromosome X de leur mère, cette étude permet de croire que l’infertilité masculine pourrait être transmise de mère en fils. Selon le New Scientist, même si le nombre de spermatozoïdes est plus bas chez les hommes porteurs de ces mutations, il n’est pas impossible que ceux-ci aient des filles qui pourront ensuite les léguer à leur propre fils.

On parle toutefois ici de déficits de spermatozoïdes qui n’ont rien à voir avec ceux attribuables à une maladie. Ainsi, une hypothèse qui circule depuis plus d'un an veut que la COVID affecterait cette « population ». Mais les quelques études menées à ce sujet pointent vers des réductions temporaires —de l’ordre de deux mois— et encore, pas chez tous les participants aux études. Une diminution temporaire a aussi été observée après des grippes: il est donc possible que le sperme soit sensible aux changements de température du corps.

En comparaison, la recherche parue le 8 juillet pointe, avec ses échantillons pris chez 2350 patients, vers un lien plus solide avec l’infertilité, même s’il reste à identifier le ou les gènes qui sont spécifiquement responsables.