Le 1er janvier, la « taxe Netflix » est entrée en vigueur au Québec. En fait, pas vraiment une taxe, mais plutôt une obligation pour les entreprises étrangères qui fournissent des services en ligne, de contribuer à l’économie québécoise.

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Et ce, par la taxe de vente du Québec (la TVQ) fixée à 9,975%. C’était une initiative du précédent gouvernement libéral. Le Canada, lui, n’exigera pas de Netflix la perception de la TPS, la taxe fédérale sur les produits et services. Il a passé une entente avec Netflix, par laquelle cette compagnie américaine s’est engagée à investir 500 millions sur 5 ans dans des productions au Canada. 

Des questions subsistent, dont on vous parle à notre émission cette semaine. Est-ce que Netflix doit créer du contenu canadien ou seulement produire du contenu en sol canadien ? Et qu’en est-il du contenu francophone et québécois ? Est-ce que cette initiative québécoise pourrait faire boule de neige?

Le Conseil de la radio-télévision canadienne (CRTC) a annoncé la nécessité d’adapter la télédiffusion. Il parle toujours de règlementer les services de visionnement en ligne et de les assujettir au système de production canadien, mais il fait la part belle à plus de flexibilité et aux ententes négociées à la pièce.

Au Québec comme ailleurs, la consommation médiatique et culturelle a changé depuis Internet. Aujourd’hui, ce ne sont plus les créateurs et les producteurs qui récoltent tous les gains de leur œuvres mais ces diffuseurs en ligne, des intermédiaires qui se sentent peu ou pas liés aux mesures fiscales et aux règlements des États.

Le Québec n’est pas isolé dans ce mouvement pour tenter d’obliger les GAFA (les Google, Facebook, et autres géants) à redonner à la société un peu des revenus qu’ils lui ont siphonnés. Le gouvernement français va présenter d'ici fin février un projet de loi qui va dans ce sens.

L’adoption de cette taxe Netflix ne risque pas de changer énormément notre consommation en ligne – vous pourrez toujours regarder Black Mirror. Mais cette taxe pourrait apporter des redevances pour soutenir notre économie locale et culturelle. Isabelle Burgun et ses invités nous expliquent comment.

  • Destiny Tchéhouali, directeur de l’Observatoire des réseaux et interconnexions de la société numérique (ORISON), président de ISOC Québec, section québécoise de l'Internet Society et aussi professeur de communication internationale au Département de communication sociale et publique de l’UQAM.
  • Pierre Trudel, professeur titulaire au Centre de recherche en droit public (CRDP) de la Faculté de droit de l’Université de Montréal et chroniqueur pour Le Devoir.

Une insignifiante béatitude. On est tellement fascinés par Internet qu’on a oublié que de produire du contenu de valeur, ce n’est pas gratuit. -Pierre Trudel

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En chronique : Jean-François Masson, professeur de chimie à l’Université de Montréal, profite de l’Année internationale du Tableau périodique pour nous parler des dessous de cet outil unique en son genre.

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13 h et le samedi à 11 h sur les cinq stations régionales de Radio VM. Elle est animée par Isabelle Burgun. Recherche pour cette émission : François Cartier. Vous pouvez également nous écouter sur CHOQ-FM (Toronto), CIBO-FM (Senneterre), CFOU (Trois-Rivières), CIAX (Windsor), CHOW (Amos) et Radio-Fermont.

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. La naissance de l'émission, en 2008, avait également été accompagnée d'une initiative politique non partisane du même nom : rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook.