Au cours des trois dernières décennies, la biologie a démontré que les comportements homosexuels étaient beaucoup plus répandus dans le monde animal que ce que des milieux conservateurs auraient jadis voulu admettre. Mais d'un point de vue darwinien, quelle est l'utilité d'un comportement qui ne favorise pas la reproduction des individus? Peut-être la survie du groupe, suggère une nouvelle étude.
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Des chercheurs qui ont analysé les données d'études —portant sur 59 espèces de primates chez qui ces comportements ont été observés de façon répandue— ont en effet essayé de répondre à cette question. Elle est plus complexe qu'elle en a l'air: parce qu'en biologie, un nouveau trait va se perpétuer s'il apporte un avantage à ceux qui en sont porteurs —comme le fait de courir plus vite— mais pas s'il apporte un désavantage. Or, qu'en est-il d'un comportement qui a pour conséquence que ces individus ne se reproduiront pas?
La conclusion des chercheurs est que ces comportements peuvent être bénéfiques dans des situations où les ressources alimentaires sont plus rares ou les prédateurs, plus nombreux. Chez les primates formant des groupes aux relations hiérarchiques complexes, les comportements homosexuels auraient pour avantage de renforcer les liens, de « gérer les conflits » ou de « construire des alliances »: toutes des choses qui prennent de l'importance lorsque les circonstances l’imposent. Leur étude est parue en janvier dans la revue Nature Ecology & Evolution.
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Par exemple, lorsque les prédateurs sont plus nombreux, avoir développé des liens étroits de confiance dans un groupe a pour conséquence qu’on se fie davantage aux « appels d’alarme » de ses congénères, explique au magazine Live Science le biologiste britannique et co-auteur, Vincent Savolainen.
Les chercheurs prennent la peine de préciser que leurs conclusions ne doivent pas être interprétées comme s'appliquant aux humains, ou aux questionnements sur l'orientation sexuelle ou l'identité.
Mais la recherche pourrait contribuer à un portrait plus nuancé des comportements sociaux et sexuels chez nos plus proches cousins. Pour la primatologue Zanna Clay, de l’Université Durham, qui n’a pas participé à cette recherche, dès qu’il est question d’animaux, « les gens tendent à séparer sexe reproductif et sexe social, alors que je pense que l’élément social est très important et devrait être intégré ».





