Quelque 4600 espèces de bactéries cohabitent dans notre intestin. La plupart sont pourtant très discrètes —ce qui ne veut pas dire qu’elles ne jouent pas un rôle crucial dans notre santé.
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Des chercheurs viennent d’identifier une petite portion de ces bactéries dites « cachées » qui semblent jouer un tel rôle crucial. Elles apparaissent en plus grand nombre chez les gens qui sont diagnostiqués avec certains problèmes médicaux —ou pas de problèmes médicaux du tout.
On utilise bel et bien en biologie le mot « caché », pour désigner un groupe de bactéries qui représente pas moins des deux tiers de l’écosystème de notre intestin: le « microbiome caché ». Ce sont des bactéries que les scientifiques ont été incapables de faire croître en laboratoire ou qui n’ont même pas de nom : on sait juste qu’elles sont là, parce qu’on détecte leurs génomes dans l’intestin. Mais on ignore à quoi elles servent —ni même si elles servent à quelque chose.
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Dans la nouvelle recherche dont il est question ici, dirigée par une équipe de l’Université de Cambridge, en Angleterre, les chercheurs se sont lancés sur la piste d’un groupe de bactéries appelé CAG-170, à partir des génomes de 11 115 personnes de 39 pays. Ils ont également dressé une liste de 13 problèmes médicaux, comme l’obésité et le syndrome de fatigue chronique.
Ils ont ainsi pu associer 715 espèces de bactéries à un plus grand risque d’avoir été diagnostiqué avec au moins un de ces troubles. Et 373 espèces de bactéries qui étaient en plus grand nombre chez ceux qui n’avaient aucun de ces problèmes de santé. La recherche est parue le 9 février dans la revue Cell Host & Microbe.
Ce que cela signifie n’est pas clair du tout, précisent les chercheurs : les bactéries qui sont associées à des individus en meilleure santé, contribuent-elles à ce que notre corps produise davantage de vitamine B12, ou certaines enzymes? Quoi que ce soit, il semble clair qu'elles n’agissent pas seules, mais leur rôle exact reste à découvrir.
D’autres recherches se sont intéressées ces dernières années à ce qui définirait un microbiome sain. Mais le fait que le microbiome de chacun de nous ne soit pas fixé à la naissance, mais évolue en fonction de notre alimentation et de notre environnement, est un rappel de la complexité de cet écosystème qui grouille en nous.





