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Cette fois, c’est la bonne: Artemis 2 est parti pour la Lune. Voici un aide-mémoire des étapes à suivre dans leur long voyage de 10 jours.

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Les premières heures d'Artemis 2 

  • Huit minutes après le lancement, survenu mercredi à 18h35 en Floride, le réacteur principal s’est arrêté comme prévu et s’est détaché, retombant dans les eaux du Pacifique. L’équipage était en orbite.  
  • Pendant la quarantaine de minutes suivantes, les panneaux solaires ont été déployés et, à l’intérieur de la capsule Orion, des équipements de base ont été branchés —dont la toilette
  • Après quoi, l’engin a effectué sa première correction de trajectoire, pour se placer sur une orbite plus stable et plus circulaire. 
  • Une heure plus tard, deuxième correction d’orbite: 15 minutes de poussée du réacteur du deuxième étage, pour amener l’équipage sur une orbite élevée : 70 000 km d’altitude à son apogée (le point le plus élevé). 
  • Près de 2 heures plus tard (environ 3 heures et demi après le lancement), séparation du deuxième étage (de son nom complet, interim cryogenic propulsion stage) et, pendant environ une heure, tests de navigation de la capsule Orion, pour profiter de la proximité de ce deuxième étage. Il s’agissait d’une répétition des manoeuvres qui seront nécessaires le jour où d’autres astronautes devront manoeuvrer avec un module lunaire. 
  • Ensuite, repas et quatre heures de sommeil. 
Vue d'un hublot d'Artemis 2, dans la soirée du 1er avril

Vue d'un hublot d'Artemis 2, dans la soirée du 1er avril / NASA

Le deuxième jour: 2 avril

L’étape suivante est « l’injection trans-lunaire ». C’est, historiquement, le nom donné à la manoeuvre consistant à donner à un vaisseau spatial en orbite terrestre la poussée nécessaire pour l’envoyer vers la Lune. 

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Ça passe par l’allumage du réacteur principal du module de service européen —qui est la contribution de l’Agence spatiale européenne à ce voyage— attaché à la partie inférieure de la capsule Orion. C’est aussi sur ce module que sont déployés les quatre panneaux solaires. 

(mise à jour 2 avril) Cet allumage s'est fait comme prévu à 19h49 jeudi, approximativement 25 heures après le lancement. C'était au moment où l’engin avait atteint le périgée, la partie la plus basse de son orbite: à cette altitude, la gravité terrestre lui donnait un petit coup de pouce supplémentaire. Si l’équipage n’avait pas eu le feu vert des techniciens de la NASA, une deuxième tentative aurait pu être faite 23,5 heures plus tard.  

Le réacteur a ainsi fourni une poussée pendant 5 minutes et 50 secondes, plaçant l'engin en route vers notre satellite. À partir de ce moment, la mécanique céleste fait son oeuvre pendant les quatre jours suivants: l'engin est sur une trajectoire calculée de telle façon que, profitant de la gravité combinée de la Terre et de la Lune, il fera l’équivalent d’une courbe entre la Terre et la Lune, courbe devenant plus accentuée à proximité de la Lune —à cause de la gravité de cette dernière. Aucune correction de trajectoire majeure n’est normalement nécessaire pendant les quatre jours entre la Terre et la Lune.

Orion et le module de service européen

Représentation d'artiste: au premier plan, le module de service européen et les panneaux solaires. Derrière, la capsule Orion / Agence spatiale européenne

Le survol de la Lune et le retour : 6-10 avril

Au terme de cette « courbe », Orion survolera la Lune puis, sans s’arrêter, poursuivra sa course, cette fois vers la Terre. C’est la même manoeuvre qu’avaient accompli les astronautes d’Apollo 13 en 1970, lorsqu’un grave accident les avait empêchés d'aller se poser sur la Lune. 

La communication radio sera interrompue pendant 30 à 50 minutes, lorsque l’engin passera derrière la Lune, au-dessus de sa face cachée. Les astronautes seront à ce moment à leur point le plus éloigné de la Terre: 406 000 km, battant de peu le record d’Apollo 13. La raison du record: les autres missions Apollo s’étaient mises en orbite lunaire, plutôt que d’utiliser, comme Apollo 13, et comme Orion à présent, ce qu’on appelle une « trajectoire de retour libre »: en anglais, free-return trajectory, ainsi appelée parce qu’elle ne nécessite pas de carburant. 

Pour Orion, des corrections mineures de trajectoire s’avéreront sans doute nécessaires après le survol de notre satellite.

Quatre autres jours plus tard, le module de service et Orion se séparent, 20 minutes avant qu’Orion entre dans l’atmosphère. La capsule doit être récupérée par la marine américaine dans le Pacifique, comme à l’époque des missions Apollo.

 

Ce texte a été mis à jour le 2 avril en soirée, dans les deux paragraphes indiqués ci-dessus.  

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