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Sur l’ensemble de la publicité achetée sur des sites de désinformation en santé, un peu plus d’un dollar sur dix proviendrait de gouvernements ou d’organisations spécialisées.

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Du moins, c’était le cas entre 2021 et 2024 —soit une période chevauchant le plus gros de la pandémie de COVID— selon une recherche publiée plus tôt ce mois-ci. Et il s’agit d’une estimation, reconnaissent les trois chercheurs de l’École de médecine de l’Université Yale, puisqu’ils ont dû limiter leurs ambitions: ils ont d’abord ciblé 1229 sites web, dûment identifiés comme publiant de la désinformation en santé par le site Newsguard —qui évalue la crédibilité des sites sur la base de critères standardisés. Parmi ces sites, les dépenses publicitaires étaient publiquement disponibles pour seulement 11 d’entre eux, grâce à la firme MediaRadar360 —une plateforme de placement publicitaire. 

Et en tout, ces 11 sites avaient amassé, pendant ces trois années, des revenus publicitaires d’un peu plus de 336 millions$ US, dont 35,7 millions$ (ou 10,6%) provenaient de gouvernements et d’organisations en santé publique. À eux seuls, les sites NewsMax et ZeroHedge en avaient reçu les deux tiers. Ces deux derniers sont très populaires parmi les partisans de ce qu’on appelle la droite radicale, incluant les mouvements pro-Trump, et ils ont souvent été étiquetés comme des vecteurs de désinformation et de théories du complot, en politique comme en santé. 

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Ces 10,6% du total font même de la catégorie « gouvernements et organisations en santé » le plus gros annonceur, puisque la deuxième catégorie, appelée « remèdes sans prescription et produits de bien-être » ne représente que 5,7% des revenus publicitaires de ces 11 sites. Dans cette liste, le plus populaire des sites de désinformation en santé seulement, Healthy and Natural World, reçoit 26% de ses revenus publicitaires des gouvernements et organisations.

Ce n’est pas nécessairement intentionnel: une bonne partie de la publicité sur Internet est placée par des robots, en fonction de mots-clefs préétablis. 

Un élément encourageant, mentionnent les chercheurs dans la revue JAMA Network Open, est que les dépenses gouvernementales dirigées vers ces sites ont eu le temps de diminuer pendant la période couverte par leur étude: de 16,7 millions$ en 2021 à 6,8 millions$ en 2024. 

Mais comme ces 11 sites ne représentent qu’une petite partie de l’écosystème de la désinformation en santé, le total des dépenses publicitaires, en millions —ou en milliards— est nécessairement plus élevé. Qui plus est, une publicité d’un ministère de la Santé ou d’une agence gouvernementale peut même, signalent les chercheurs dans leur conclusion, avoir l’effet indésirable « d’accroître la confiance dans la désinformation ou de diminuer la confiance dans les organisations de santé ou gouvernementales ».

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