Les 57 pays qui se sont réunis à la fin d’avril en Colombie pour échanger sur la sortie des énergies fossiles, se sont laissés sur un mélange d’espoir et de prudence. Cette conférence rassemblait des pays qui, après le blocage de la dernière conférence des Nations unies sur le climat (COP30), cherchaient des voies de contournement à la règle de l’unanimité.
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D’emblée, la France s’est imposée comme un exemple en étant le premier pays développé à avoir publié sa feuille de route pour sortir des énergies fossiles, le 28 avril. Ce plan a été salué par des experts et des ONG qui souhaiteraient voir d’autres pays s’en inspirer. Dans ce document de 18 pages, la France compte se détacher du charbon d’ici 2030, du pétrole d’ici 2045 et du gaz d’ici 2050. La feuille de route va même plus loin que les engagements du pays avec l’Accord de Paris de 2015, selon le représentant français envoyé à Santa Marta, Benoît Faraco.
En comparaison, le Canada, qui était représenté par la chef négociatrice Jeanne-Marie Huddleston, s’est contenté d’une réaction laconique : « le Canada apprécie les efforts de la Colombie et des Pays-Bas pour faire avancer la conversation », a répondu par courriel la porte-parole du ministère de l’Environnement. Il « partage leur engagement continu envers leurs obligations en vertu de l’Accord de Paris ».
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La conférence de Santa Marta se voulait moins contraignante qu’une COP qui impose la règle de l’unanimité de près de 200 pays pour toute prise de décision. Aucun accord ne devait ressortir de Santa Marta: l’objectif était de trouver des solutions individuelles et collectives, mais de manière volontaire. De nombreux experts ont salué cette rencontre conférence comme un espoir nouveau, qualifiant le format de « rafraîchissant », et « novateur ».
Un autre objectif est d’influencer les prochaines COP.
Un des sujets abordés a été le soutien, notamment financier, qu’il faudrait apporter aux pays les plus pauvres —et souvent les plus menacés par le réchauffement climatique.
La ministre colombienne de l'Environnement, Irene Vélez Torres, a parlé d’une « nouvelle démocratie climatique mondiale », visant à rassembler les gouvernements et la société vers une transition écologique.
Des experts scientifiques, militants, leaders autochtones et ONG, se sont aussi réunis à Santa Marta pour une pré-conférence scientifique, sur les impacts sociaux et économiques des énergies fossiles. Un nouveau panel, le Groupe scientifique pour la transition énergétique mondiale, pour conseiller les gouvernements dans leur transition énergétique, a été formé le 24 avril. Le même jour, un groupe de chercheurs a publié le Santa Marta Action Repertoire, un rapport de 12 actions à mettre en pratique pour sortir des énergies fossiles.
Les conflits internationaux comme la guerre en Ukraine, et surtout la guerre en Iran ont aussi fait prendre conscience aux pays des risques de dépendre de régions sensibles pour leur approvisionnement en énergie fossile. Irene Vélez Torres, a souligné que « Le pétrole reste un facteur de déstabilisation des économies à l'échelle mondiale », a déclaré la ministre colombienne de l’Environnement.
Les plus grands producteurs d’énergies fossiles n’étaient toutefois pas présents : États-Unis, Russie, Chine, Inde, Arabie saoudite.
Cette conférence aura droit à une deuxième édition au début de 2027, organisée par les Tuvalu —un archipel du Pacifique qui risque de disparaître d’ici 2050 à cause de la montée des eaux— et co-organisée par l’Irlande. Les pays devraient avoir commencé l’élaboration de leur feuille de route d’ici là.
- Adan Cochet



