L’autre, c’est la calotte glaciaire Markham, qui s’est détachée au début d’août de la grande île Ellesmere à laquelle elle était reliée depuis 4500 ans (cliquez sur la carte pour voir l'agrandissement).
Abonnez-vous à notre infolettre!
Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!
Et ce n’est pas tout : deux gros morceaux, totalisant 120 km carrés, se sont détachés d’une troisième calotte, Serson, réduisant sa taille de 60%.
« Des écosystèmes uniques, qui dépendent des plateaux de glace pour se maintenir, sont menacés de disparition », résume Warwick Vincent, de l’Université Laval, à Québec.
Les glaciologues comptaient —jusqu’à récemment— six calottes glaciaires, rattachées en tout ou en partie aux grandes îles de l’Arctique canadien. Une, appelée Ayles, s’est détachée en 2002 et 2005. Et puis, cet été, deux : Ward Hunt et Markham. Avec les fractures d’une troisième, Serson, c’est un rythme de désintégration accéléré, qui s’ajoute au dossier déjà lourd du réchauffement.
La station climatique du Centre d’études nordiques de l’Université Laval, sur l’île Ward Hunt —l’île, pas la calotte glaciaire— a enregistré cet été une température record de presque 20 degrés celsius.
Un été pas comme les autres
Ce sont des observations satellites qui ont permis de « voir », mais à retardement, la séparation de Markham : fin-juillet, elle était reliée au continent. Dix jours de mauvais temps ont empêché la prise de photos. Lorsque les nuages se sont dissipés, le 12 août, Markham, dont la taille équivaut à un édifice de 10 étages, était détachée de la terre ferme.
L’été 2008 passera donc à l’histoire dans l’Arctique : selon une évaluation rendue publique mardi par Warwick Vincent et ses collègues de l'Ontario et des États-Unis, rien qu’au Nord de l’île Ellesmere, ce sont 214 kilomètres carrés de glace qui auront été perdus cet année. Ces pertes « soulignent la rapidité des changements qui prennent place dans l’Arctique », a déclaré Derek Mueller, de l’Université Trent, en Ontario.
Et bien que l’hiver approche là-bas, ce sont des pertes irréversibles : parce qu’une glace de 4500 ans, c’est drôlement plus solide qu’une glace d’un an. Même si l’été 2009 devait être beaucoup moins chaud, cette « nouvelle glace » fondrait avant même avoir eu le temps de commencer à songer former un embryon de calotte glaciaire.
Warwick Vincent et celui qui fut d'abord son étudiant, Derek Mueller, avaient été les premiers à tirer la sonnette d’alarme concernant la calotte Ward Hunt, en 2003 et depuis le mois dernier, ils font partie du tout petit groupe de gens qui, par photos satellites interposées, suivent attentivement ce démantèlement.





