dame-coeur.jpg
Pas si compliquée, l’évolution: au fil des millions d’années, un être vivant finit par perdre un organe si celui-ci ne sert à rien. Et chez un microbe, une fonction finit par se perdre... si le microbe d’à côté peut le faire à sa place! La vie tendrait-elle vers la paresse?

Un groupe de biologistes a en tout cas trouvé un nom original pour cette idée, qui pourrait être traduit en français par l’hypothèse de la dame de pique. En référence à cette carte dont, dans certains jeux, on doit se débarrasser au plus vite parce qu’elle risque de nous coûter trop cher.

Abonnez-vous à notre infolettre!

Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!

L’hypothèse expliquerait pourquoi tant d’espèces de microbes sont interdépendantes. Prochlorococcus par exemple, une bactérie marine, cesse carrément de croître et de se multiplier si on le sépare des autres espèces de microbes. Et il ne s’agit pas d’un micro-organisme exotique qui ne survit que dans des environnements extrêmes: c’est «le plus répandu des organismes photosynthétiques» (ceux qui utilisent la lumière) de l’ensemble de la planète.

Or, pour ce qui est de dégrader le peroxyde d’hydrogène, qui lui est toxique, Prochlorococcus cède bêtement la tâche aux autres. Et s’il n’y a pas d’autres, comme ces chercheurs ont pu le constater en laboratoire... il est condamné.

Ce qui a lancé sur cette piste Jeffrey Morris, de l’Université d’État du Michigan —qui publie dans le journal de la Société américaine de microbiologie— c’est que dans la nature, à chaque « fonction » d’un être vivant correspond un ou des gènes, qui doivent donc produire des protéines, ce qui implique de dépenser de l’énergie. La loi du moindre effort dicte donc: débarrassez-vous de ces gènes.

En autant, bien sûr, qu’il y ait quelqu’un dans le coin qui, lui, continue de se dévouer pour le plus grand bien de tous...

Je donne
EN VEDETTE
Publicité
Appel à tous!
Publicité