Certes, se faire dire qu’on a un gène de prédisposition à une grave maladie n’est guère rassurant. Mais il semble que les gens aient bien assimilé le fait qu’un gène « de prédisposition » ne signifie pas qu’on aura nécessairement la maladie. Une étude récente révèle en effet que, loin d’être traumatisés, les patients à qui on a annoncé qu’ils étaient à risque de développer l’Alzheimer, ne sont pas plus susceptibles que les autres d’en ressortir anxieux ou déprimés pendant l’année qui suit.
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Il s’agit d’une étude en cours depuis 2000, appelée Risk Evaluation and Education for Alzheimer’s Disease (REVEAL). Les auteurs avaient choisi l’Alzheimer parce qu’il n’existe aucun traitement, de sorte que si la découverte d’un gène est censée provoquer un traumatisme, c’est bien celui-là. Avaient été recrutés : 162 personnes dont un parent ou un proche souffre d’Alzheimer.
Ceux chez qui une copie malsaine du gène APOE est détectée sont trois fois plus à risque de développer l’Alzheimer, selon les estimations actuelles des généticiens. Ceux qui en ont deux copies sont 15 fois plus à risque. Or, sur une période d’un an suivant l’annonce de la bonne ou de la mauvaise nouvelle, pas de différences : le groupe « à risque » n’était pas plus déprimé que ceux chez qui aucun gène déficient n’avait été trouvé.
La recherche est parue en juillet dans le New England Journal of Medicine. « Si cette information était un médicament, conclut le neurologue et généticien Robert Green, de l’Université de Boston, il aurait l’air parfaitement sécuritaire ».





