La campagne Movember a été lancée en Angleterre en 2007. Les fonds recueillis allaient d’abord à un organisme d’aide à la recherche sur le cancer de la prostate. Et depuis 2010, une partie sert aussi à la recherche sur le cancer des testicules. Comme le dit son slogan: changer le visage... de la santé masculine.
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Mais est-ce que cette idée de transformer la lèvre supérieure en un panneau d’affichage est efficace? Une observation publiée le 28 novembre dans le British Medical Journal par Margaret McCartney, médecin à Glasgow, apporte de gros bémols.
Le problème, écrit-elle, est que le gros de l’information sur la prévention du cancer donnée par Movember est «en désaccord» avec les recommandations des autorités en santé publique et que Movember —dont les différents sites nationaux sont en bonne partie des copies du site britannique— ne cite pas toujours ses sources. À commencer par l’insistance sur les tests de dépistage, annuellement, sans signaler que les experts ne s’entendent pas sur la réelle efficacité de ces tests.
Il est également question d’un dépliant de la Société internationale d’urologie, écrit spécialement pour Movember, qui affirme qu’un traitement préventif peut retarder le cancer, sans mentionner les effets secondaires du traitement, ni le risque de faux positifs —parce qu’un grand nombre des problèmes de prostate ne sont pas des cancers.
En fait, le cancer de la prostate n’est ni le seul ni même le plus grave des problèmes de santé auxquels font face les hommes: le diabète et les problèmes cardio-vasculaires liés à l’obésité prennent plus de vies, et plus jeune. Quant à la santé mentale, elle demeure un problème encore plus passé sous silence. En donnant un faux sentiment de sécurité aux hommes, les moustaches camouflent bien des choses...





