Statistiquement, ça fait partie de ces choses très improbables, mais qui risquait tôt ou tard d’arriver. Un homme déclaré cliniquement mort ne l’était pas, nous apprend le journal Le Monde . Alors qu’ils s’apprêtaient à opérer, les médecins ont découvert «des signes de respiration spontanée» —autrement dit, il respirait par lui-même, sans aide de la machine— et un semblant de stimulation à la douleur.
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Tout ce qui a été dévoilé à son sujet, c’est qu’il s’agissait d’un homme de 45 ans, victime d’un infarctus sur la voie publique. Transporté à l’hôpital, le coeur ne s’était jamais remis à battre, malgré les procédures de réanimation poursuivies pendant une heure et demi.
Normalement, une heure et demi sans battement cardiaque, c’est plus que suffisant pour être vraiment mort. Le sang n’alimente plus depuis longtemps les organes vitaux, dont le cerveau. Depuis plusieurs minutes, les médecins le considéraient donc comme un donneur potentiel d’organes, et avaient entamé les procédures en ce sens.
Or, dans cette «mort», il y a une subtilité: la façon dont l’histoire s’est déroulée fait entrer ce patient dans la catégorie des donneurs «à coeur arrêté». Par opposition aux donneurs qui sont dans le coma depuis des jours ou des semaines, et dont la mort cérébrale a eu amplement le temps d’être confirmée par les examens.
Ce n’est que depuis 2007 qu’en France, on autorise les prélèvements d’organes chez des patients «à coeur arrêté». Le programme était encore expérimental, n’étant autorisé que dans neuf hôpitaux. Dans plusieurs autres pays occidentaux, dont les États-Unis, cette pratique est autorisée depuis plus longtemps. Il y a fort à parier qu’en France, des gens vont vouloir qu’elle retombe sous le coup d’un interdit...





