La Grande barrière de corail n’est pas morte. Elle se porte très mal, mais les avis de décès publiés ces derniers jours étaient prématurés.

 

Vendredi dernier, la Grande barrière a eu droit à une première en plus de 20 millions d’années : elle s’est glissée parmi les « tendances » sur Twitter ! Cela grâce à un texte paru dans le magazine de plein air Outside, qui se voulait un avertissement davantage qu’un reportage, mais qui s’est propagé à la vitesse de la lumière, tandis que son ironie originelle se perdait.

Avec ses 2900 récifs et ses 1050 îles, la Grande barrière est considérée comme la plus grande structure vivante du monde — composée de milliards de petits organismes et refuge d’une grande biodiversité. Certains vont jusqu’à l’appeler « le plus grand animal du monde ». Elle fait partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais à cause du réchauffement climatique, de la pollution, de la pêche et du tourisme, elle aurait perdu la moitié de sa surface depuis 1985, selon une estimation parue dans la revue PNAS en 2012. Le réchauffement, qui accentue le blanchiment de ces coraux, comme celui des autres récifs à travers le monde, constitue à présent la plus grande menace pour sa survie et les températures élevées des deux dernières années ont affecté 93 % de sa surface, alertaient en avril des chercheurs australiens.

Elle est mourante, mais pas morte, ont toutefois réagi ces chercheurs et d’autres après l’article d’Outside. Ils citent une étude qui, parue en décembre dernier dans Nature , conclut que les récifs sont très « résilients », même après un épisode de blanchiment : un argument pour accentuer la protection de la portion de la Grande Barrière — environ les trois quarts — qui n’est pas encore morte. Le premier ministre australien a annoncé cet été un fonds spécial d’un milliard pour la protection de la Grande Barrière.

Sur l'ensemble de la planète, le Fonds mondial pour la nature estimait l’an dernier que la taille des récifs avait diminué de moitié en 30 ans.