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Réduction du nombre de publications scientifiques, et réduction des chances d’obtenir un emploi à l’université ou une permanence: ce sont les impacts mesurables qu’ont sur une carrière en science le fait de devenir parent… et beaucoup plus chez les femmes que chez les hommes.

C’est ce que constate une étude au Danemark, en dépit des progrès là-bas en matière de congés parentaux, et en dépit des changements d’attitudes observés ces dernières années quant aux responsabilités partagées. L’effet d’une naissance sur la suite immédiate de la carrière reste encore nettement plus marqué chez les femmes —et la raison, soulignent sans surprise les chercheurs, est que les femmes prennent, en moyenne, jusqu’à cinq fois plus de responsabilités parentales que les hommes. 

Ce n’est évidemment pas la première fois que des études documentent cet impact de la « pénalité parentale » sur les carrières universitaires, particulièrement chez les femmes. Mais certaines de ces études remontent à plus d’une décennie, et les attitudes ont eu le temps d’évoluer. Qui plus est, le Danemark est un de ces pays où les programmes sociaux font l’envie de plusieurs autres pays occidentaux.

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Malgré cela, « les comportements changent beaucoup plus lentement que les attitudes », commente dans la revue Nature l’économiste Sofie Cairo, de l’École des affaires de Copenhague, coauteure de l’étude. Celle-ci a été publiée par le Centre pour la performance économique, qui relève de la London School of Economics. 

Graphique - Différences d'employabilité hommes-femmes après un bébé

Probabilité d'emploi dans un poste de recherche, relativement à l'année d'avant une naissance.
Source: revue
Nature

Le constat principal est que, bien que les trajectoires de carrière des hommes et des femmes aient été similaires avant l’arrivée du bébé, ces trajectoires divergent ensuite de façon significative: les deux courbes montrent une diminution en terme d’employabilité, mais beaucoup plus prononcée chez les femmes pendant les quatre premières années. Après huit ans, ces femmes étaient 29% moins susceptibles que les autres femmes d’être employées dans une université, tandis que la baisse pour les hommes était de 14%. Elles étaient aussi moins susceptibles d’avoir un emploi dans la recherche en général (laboratoires ou instituts de recherche en-dehors des universités).

Pour celles qui étaient restées à l’université, la probabilité d’avoir décroché leur permanence était réduite de 35% après quatre ans, et de 23% après huit ans, tandis qu’aucune différence n’était mesurable chez les pères avec ou sans enfants. 

Sofie Cairo et son équipe se sont appuyés sur différentes bases de données du Danemark pour rassembler des informations sur 13 347 parents qui avaient été inscrits à un doctorat dans une université du Danemark entre 1996 et 2017, et avaient eu leur premier enfant après au moins une année d'études doctorales.

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