Et depuis que l’intérêt médiatique s’est estompé, les experts débattent pour savoir si c’était une « grosse nouvelle », la confirmation de ce que tout le monde attendait, ou un premier pas en attendant mieux.
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Réalisées indépendamment, ces deux recherches ont été rassemblées par Nature dans un même numéro pour leur donner plus d’impact. Parce que réussir à trouver une association entre l’activité humaine et un risque accru d’inondations est beaucoup plus important que de prédire de combien de degrés la Terre se réchauffera d’ici 2100. Du moins, aux yeux des riverains, des gouvernements... et des assureurs.
Mais des incertitudes demeurent, admettent les auteurs de l’une des études :
Il existe, toutefois, des incertitudes liées aux limites de l’observation, à des contraintes externes manquantes ou incertaines et aux performances du modèle.
Cette première étude, signée par des scientifiques de l’Écosse et du Canada (et dirigée par Francis Zwiers, climatologue à l’Université de Victoria, Colombie-Britannique) s’appuie sur une modélisation informatique du climat pour conclure que le risque de précipitations extrêmes a augmenté de 7% entre 1951 et 1999. À l’échelle climatique, c’est une augmentation énorme, et pour cette raison, considérée au-delà des « variations naturelles ».
La seconde recherche, signée notamment par Myles Allen, de l’Université Oxford, ainsi que par deux experts d’une firme californienne (Risk Management Solutions) qui conseille les compagnies d’assurances sur les risques associés au climat, s’est concentrée sur un seul événement dit « extrême » : des inondations catastrophiques qui avaient dévasté 10 000 résidences en Grande-Bretagne à l’automne 2000.
Cette étude a été qualifiée comme étant « la première » à établir une association entre un événement extrême précis, et les changements climatiques. Mais une équipe dirigée par le même Myles Allen avait déjà établi un semblable lien entre la canicule européenne de 2003 et les changements climatiques.
Incertitudes
Si même les chercheurs parlent d’incertitudes, c’est en partie parce que, comme le rappelle le New Scientist :
[Établir un modèle] prédisant les inondations est plus difficile que de modéliser les canicules. Les prévisions ne doivent pas juste prendre en compte combien de pluie pourrait tomber : elles doivent aussi prendre en compte des choses telles que le niveau auquel le sol est déjà imbibé et les endroits où la pluie est tombée.Pour compliquer davantage, le niveau de détail des modèles climatiques planétaires est trop grossier pour intégrer la simulation d’événements individuels. Les modèles ne peuvent faire que des prévisions générales sur la façon dont la pluie va évoluer régionalement, sur une période de quelques décennies ou d’un siècle.
Pour donner une idée de l’énormité de ce travail : l’étude sur les inondations de 2000 en Angleterre a nécessité près d’une décennie de travail et du temps d’ordinateur partagé par des milliers de « scientifiques citoyens », à travers l’outil ClimatePrediction.net.
Et comme l’écrivait le New York Times, la nécessité de dépasser le stade des incertitudes va bientôt devenir un enjeu économique, plutôt que scientifique :
Le problème est en train de devenir davantage que théorique. Des milliards de dollars ont été promis par les pays riches pour aider les plus pauvres à s’adapter aux changements climatiques. « Parce que cet argent est sur la table, ça va soudain devenir dans l’intérêt de tout le monde que d’être une victime des changements climatiques », déclare Myles Allen... « Nous devons développer d’urgence les bases scientifiques pour être capables de distinguer, d’un côté, les impacts authentiques des changements climatiques et de l’autre, les conséquences malheureuses d’une mauvaise météo. »





