Le ministère de l’Éducation de New York a provoqué une marée d’incrédulité à travers le monde avec une liste de 50 mots à bannir des examens de fin d’année. Parmi ces 50 mots: dinosaure, parce que ça suggère «évolution»... et que certains enfants pourraient en être perturbés.

Devant les critiques —nombreuses— et les moqueries —encore plus— le ministère s’est défendu cette semaine en signalant que la décision d’éviter les mots susceptibles de «provoquer des émotions négatives» chez les jeunes est chose courante depuis longtemps: en Floride, le mot «ouragan» est banni des examens, et en Californie, on évite de parler d’herbe. Pas celle-là, l’autre.

Une vraie New-Yorkaise, Annie Keeghan, rédactrice de son état, qui y voit une régression à l’infini —de plus en plus de gens retirent de plus en plus de mots, juste au cas— signale que d’aussi loin qu’elle se souvient, les éditeurs de livres scolaires ont évité d’utiliser des mots susceptibles de donner de mauvaises idées aux enfants... comme gâteau, biscuit et crème glacée. Mais la pizza, elle, a survécu:

La seule raison pour laquelle la pizza est autorisée —végétarienne avec une pâte de blé, s.v.p.— est qu’il s’agit d’un des meilleurs exemples qu’on puisse trouver pour appliquer au «vrai monde» les problèmes de fractions.

Parmi les 49 autres mots «susceptibles de provoquer des émotions négatives» à New York: divorce, religion, télévision, «maison avec piscine», Noël, Halloween et anniversaire.

Mais des 50, le dinosaure symbolise le mieux à quelle vitesse la peur de la moindre controverse a évolué —sans jeu de mots— si vite que les fonctionnaires n’ont pas eu le temps de réaliser que les créationnistes, eux, n’ont aucun problème avec ces grosses bêtes. Ainsi, le Musée de la Création du Kentucky arbore fièrement des dinosaures dans son magasin de souvenirs —puisque, comme chacun sait, Noé en avait embarqué un couple dans son arche.