Les grenouilles tombent comme des mouches
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Pourquoi les grenouilles disparaissent-elles aux quatre coins du monde? (article de 2000, 2003... et ça ne fait que commencer!) Des réponses ont été apportées (un pesticide ici, et un champignon qui asphyxie leur peau là), mais elles ne sont généralement valables que dans une ou quelques régions.
Un portrait, pourtant, se dégage de ce déclin qui aurait commencé il y a au moins 50 ans (2003) : la grenouille et ses cousins amphibiens (crapauds, salamandres, etc.) pourraient être le canari dans la mine de carbon. C'est-à-dire les bestioles les plus sensibles aux changements environnementaux, qui sont pour cette raison les premières à mourir.
D’autres sont déjà disparues, comme la patelle des zostères, certainement handicapée par son nom peu médiatique. Le cas des abeilles, bien que plus inquiétant, suscite peu d’intérêt. Mais même les très médiatiques ours polaires sont mal en point, encore que leur population et leur résilience leur garantisse une survie au moins jusqu’au XXIIe siècle. Quoique dans quel état, eux seuls pourront nous le dire... dans quelques décennies!
Qu’on cesse d’examiner espèce par espèce, pour considérer l’échelle planétaire, et le portrait devient carrément déprimant. Depuis les années 2000, l’expression « sixième extinction » revient de plus en plus souvent dans la bouche des écologistes : une référence au fait que, depuis sa naissance, la Terre a connu cinq extinctions majeures, la plus récente étant celle qui a mis fin aux dinosaures, il y a 65 millions d’années. Nous serions engagés dans la sixième, écrivions-nous en 2004. C’est que lorsque des études distinctes en sont à observer un déclin chez des grenouilles, puis des grands singes, puis des coraux (un écosystème à eux tout seuls!), puis des oiseaux (victimes des changements climatiques et de la déforestation), et même des insectes, ça va mal.
Constat ultime (pour l’instant) : une espèce sur trois serait menacée, selon le rapport 2007 de l’Union internationale pour la conservation de la nature.
Plus de 40 000 espèces recensées, plus de 16 000 menacées... Un déséquilibre sans commune mesure. Mais ces chiffres sont si gros qu’ils manquent de résonance dans nos esprits. Prennent-ils plus vie si on parle de l’esturgeon?
Comme l’a écrit un de nos lecteurs à la lecture d’un de ces derniers articles : l’être humain fout la merde. Où en sera-t-on lors du 50e anniversaire de l’Agence Science-Presse?





