Bien que le gouvernement québécois ait renoncé cette semaine à son idée d’une « taxe santé » pour les non vaccinés, cette annonce a entraîné depuis un mois une réflexion sur qui sont ces personnes qui, un an après le début de la campagne de vaccination, n’ont toujours pas relevé leur manche. Le portrait est moins caricatural qu’on ne l’imagine, et c’est le sujet de notre émission cette semaine.

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Note: la première diffusion de cet épisode de Je vote pour la science
a été faite la veille de l'annonce du gouvernement québécois
qu'il n'irait pas de l'avant avec une taxe santé. 

De nombreux chercheurs en santé publique, des médecins, des experts en éthique ou en droit, des chroniqueurs dans les médias, ont jugé, depuis l’annonce faite le 11 janvier, que cette taxe santé —ou « taxe vaccin» comme certains l’appelaient— était inéquitable pour certains des plus démunis de notre société, en plus de porter atteinte à des droits fondamentaux. Cela aurait aussi pu contrevenir au principe de base du régime de santé dont le Québec s’est doté il y a longtemps —la gratuité pour tous.

Reste que les non vaccinés ont contribué largement à l’engorgement des hôpitaux pendant la dernière vague, celle provoquée par le variant Omicron. On observe la même chose dans les autres provinces canadiennes, aux États-Unis, dans les pays européens et ailleurs: la petite fraction des non vaccinés (10% au Québec) occupe une part disproportionnée des lits d’hôpitaux. 

Comment faut-il s'y prendre? Qui sont ces personnes non vaccinées et quelles sont les pistes de solution? Isabelle Burgun en parle avec:

On l’a souvent dit ces dernières semaines, mais il est important de le répéter: hésiter à se faire vacciner et s'opposer à la vaccination, ce n’est pas du tout la même chose. Les personnes du premier groupe composent ce 10% de la population québécoise qui n’a pas encore reçu de vaccin. Quel pourcentage représentent les personnes qui, elles, sont fermement antivaccins?

Quant à ces « hésitants », ils proviennent de différents groupes et ont différentes motivations. Que sait-on aujourd’hui de l’hésitation vaccinale?

Pourquoi une obligation vaccinale ou une forme de contribution financière serait-elle, dans les faits, peu productive?

Qu’est-ce que cette stratégie nous apprend de la stratégie de communication du gouvernement et de sa stratégie de gestion de la crise?

La pandémie nous révèle (…) l’indigence de la santé publique contemporaine. On se retrouve à devoir agir face à une santé publique sur laquelle on a très peu misé dans les dernières décennies. On a un système de santé qui est très orienté vers l’hôpital. On le voit. Même si l’hôpital va mal, c’est l’hôpital qui prédomine et c’est l’hôpital qu’on doit protéger. Et on a peu investi dans le préventif, dans le collectif, dans des mesures sur le très long terme qui vont avoir un effet sur la réduction des inégalités.
 -Laurence Monnais

Est-ce que ce type de politique ne jette pas de l'huile sur le feu? Comment rejoindre ces gens qu’on n’a pas pu ou pas su rejoindre jusqu’ici?  Qu’est-ce que signifie « entreprendre une conversation » avec eux? 

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13 h sur les cinq stations régionales de Radio VM. Elle est animée par Isabelle Burgun. Recherche pour cette émission: Isabelle Burgun. Vous pouvez également nous écouter, entre autres, sur CIBO (Senneterre), CFOU (Trois-Rivières), CIAX (Windsor) et CHOM (Toronto). 

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