La centrale nucléaire du Vermont fait à nouveau parler d’elle — en mal. Pas une, mais deux fuites ont été détectées —sans conséquences, mais très mauvaises pour l’image, en ces temps de marée noire.

Déjà, en février dernier, les politiciens locaux avaient décrété que son permis de 20 ans, qui arrive à échéance en 2012, ne sera pas renouvelé. Mais ça ne suffit pas aux groupes écologistes locaux, qui voudraient la fermer immédiatement.

Et ils ont eu deux nouvelles occasions de se faire entendre : le 28 mai, la compagnie louisianaise Entergy, propriétaire de la centrale Vermont Yankee, annonçait qu'une nouvelle fuite avait été détectée, dans les mêmes tuyaux souterrains qui avaient semé la même alarme en février. Les opérations de la centrale Vermont Yankee, située au Sud-Est du Vermont, étant alors interrompues depuis un mois pour des travaux réguliers d’entretien, rien ne circulait dans ces tuyaux le 28 mai, de sorte que rien ne s’est rendu jusqu’à la rivière voisine.

Le 8 juin, c’est à l’intérieur même de la centrale qu’une valve défectueuse a entraîné la fuite de plusieurs centaines de litres d’eau radioactive —la valve a été réparée en quelques heures, en attendant d’être remplacée, et la fuite est restée à l’intérieur des murs.

En février, il s’était agi d’une véritable fuite dans la nature, puisque du tritium avait été dûment mesuré dans le sol voisin de la centrale et dans l’eau souterraine. Rien n’avait été confirmé dans la rivière Connecticut. Les proportions étaient, dans un cas, de 1 à 2 millions de picocuries par litre, alors qu’en comparaison, le seuil de sécurité est fixé à 20 000 picocuries par litre.

Un inspecteur de la Commission de surveillance du nucléaire aura pour difficile tâche de déterminer comment un tuyau défectueux a pu passer inaperçu lors des inspections de février dernier. — on parle tout de même, selon le communiqué de la centrale, d’un « trou de huit pouces ».

Et le fait que ça se produise en même temps qu’une certaine marée noire n’est pas pour inciter les politiciens locaux à être plus conciliants, surtout dans un État qui se targue d'être vert...