Encore un Hobbit, mais d’une autre espèce, et pas sur la même île. Si vous avez du mal à suivre le portrait de nos cousins préhistoriques, vous n’êtes pas les seuls : les paléontologues ont aussi du mal.

Selon une recherche parue mercredi dans Nature, c’est à une nouvelle branche de la famille humaine, jusqu’ici inconnue, qu’il faudrait attribuer les ossements découverts dans une caverne d’une île des Philippines. Et pas n’importe quelle branche : un humain qui ne faisait qu’un mètre de haut, baptisé Homo luzonensis — du nom de l’île de Luçon. Un cas possible de nanisme insulaire, à l’image de l’Homo floresiensis — du nom de l’île de Florès, découvert en 2003.

Pour ajouter à la complexité, cet humain aurait vécu sur cette île il y a aussi peu que 50 000 ans, soit à une époque où l’Homo sapiens avait déjà colonisé le continent, de l’Europe à l’Asie, et avait peut-être déjà pris pied en Australie.

Si d’autres paléontologues confirment, ça portera donc le total de cousins de l’Homo sapiens à sept, dont au moins quatre ont vécu dans un coin ou l’autre de la planète en même temps que lui :

  • Néandertaliens : les plus célèbres. La plus ancienne découverte à leur sujet remonte à 1856. Les paléontologues les placent en Europe entre il y a 400 000 et il y a 40 000 ans. Des croisements avec des Homo sapiens dans les 100 000 dernières années ont laissé des traces jusqu’à aujourd’hui dans notre ADN
  • Dénisoviens : eux aussi ont laissé des traces dans notre ADN, mais les traces fossiles sont encore très maigres. On semble s’entendre pour dire que, à partir d’un ancêtre commun, Néandertaliens et Dénisoviens ont divergé il y a 450 000 ans, mais l’expression « Néandertaliens d’Asie » est parfois utilisée pour les désigner — d’autant que tous les fragments d’os qui leur sont attribués sont en Asie. L’un d’entre eux, dans la « grotte de Denisova », en Sibérie, n’est vieux que de 41 000 ans.
  • Homo floresiensis : un mystère persistant. Ce « Hobbit » dont on a découvert des fragments d’une douzaine de représentants en 2003 sur l’île de Florès y aurait vécu il y a aussi peu que 60 000 ans. Des outils de pierre suggèrent toutefois une occupation de l’île commençant il y a 700 000 ans. Le débat se poursuit quant à ses origines et à sa petite taille : les premiers arrivants étaient-ils des Homo erectus plus grands, qui ont progressivement diminué de taille au fil des millénaires ?
  • Homo naledi : un mystère récent. En 2015, une caverne d’Afrique du Sud a révélé 1500 restes de 15 individus, qui pourraient avoir entre 335 000 et 235 000 ans. Ils présentent un mélange de caractéristiques anciennes et modernes.
  • Homo heidelbergensis : il aurait parcouru le monde il y a entre 700 000 et 200 000 ans. Les fossiles à son sujet sont également maigres. Il représente, avec l’Homo erectus, celui qui est le plus souvent pointé du doigt comme un possible ancêtre commun aux Homo sapiens, Néandertaliens et Dénisoviens.
  • Homo erectus : le plus ancien à avoir quitté l’Afrique, il y a plus d’un million d’années. Il a laissé des traces jusqu’en Chine et en Indonésie (où il a jadis été appelé « l’homme de Java »). Si le parcours qu’on lui attribue est exact, il aurait encore été dans les parages il y a 143 000 ans, une époque où il aurait pu croiser des Néandertaliens ou des Dénisoviens. Découvrir des traces de son ADN reste un des défis de l’heure pour les généticiens.