Les instructions sont claires : les chefs d’État qui viendront le 23 septembre au Sommet des Nations Unies sur le climat, à New York, doivent arriver avec des cibles plus élevées que celles qu’ils avaient annoncées à Paris en 2015, plutôt qu'avec de « beaux discours ».

C’est la demande que leur avait formulée le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, en mars dernier : arriver avec « des plans concrets, réalistes », pour rehausser leurs cibles de réduction de gaz à effet de serre, dans le but d’atteindre une réduction de 45 % dans la prochaine décennie, et une « neutralité carbone » en 2050.

Considérant que la majorité des pays ne sont même pas en ce moment sur la bonne trajectoire pour atteindre les cibles plus modestes qu’ils s’étaient fixées en 2015, le Sommet du New York est-il en train de susciter des attentes trop élevées ?

« Je ne pense pas que nous devrions nous attendre à une grande percée », déclare au New Scientist l’économiste britannique Nicholas Stern. On n’est pas vraiment rendu « là où tout le monde espérait qu’on serait rendu à ce moment », renchérit dans le magazine une source au sein du gouvernement britannique.

Le Sommet de New York coïncide aussi avec une semaine de marches et d’actions organisées par les groupes environnementaux et les jeunes, à New York et à travers le monde — dont la « grève mondiale pour le climat » ce vendredi 20 septembre.

Il faut dire qu’en 2015, les rôles de chefs de file joués par l’Union européenne et les États-Unis avaient été cruciaux pour arriver à un accord impliquant des engagements formels de la Chine. Alors que le rôle de chef de file sur le climat n’est plus vraiment ce à quoi l'on pense, lorsqu'on regarde du côté de Washington.

Ce qui est certain, c’est que lorsqu’on additionne les cibles annoncées à Paris en 2015 par les 195 pays, elles sont tout juste suffisantes pour limiter le réchauffement entre un degré Celsius et demi et deux degrés par rapport à l’époque d’avant l’industrialisation (par rapport à cette époque, la Terre s’est déjà réchauffée d’un degré). En revanche, si les plus grands pollueurs restent sur la trajectoire actuelle pendant toute la décennie 2020, on s’achemine plutôt vers une augmentation de 3 degrés d’ici la fin du siècle, ou davantage. Avec toute l’imprévisibilité des conséquences que cela suppose sur la météo, les écosystèmes, l’économie ou la santé.

Aucun grand pays n’est censé annoncer des cibles « rehaussées » à New York, bien que certains pourraient le faire plus tard.