Certaines affirmations sur le vaccin anti-COVID semblent tellement étranges que le Détecteur de rumeurs s’attend à ce qu’elles meurent d’elles-mêmes. Ainsi, une affirmation sur une « dangereuse » enzyme appelée luciférase, court depuis au moins décembre 2020 et relie le vaccin… à Lucifer.


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Luciférase - Illustration 1

Ce qui est vrai: il existe dans la nature des enzymes appelées « luciférases ». Elles sont derrière le phénomène de « bioluminescence », c’est-à-dire la capacité de certains êtres vivants (comme les lucioles) à briller dans le noir. La luciférase déclenche l’oxydation d’une molécule appelée la luciférine, ce qui produit de la lumière. Ces enzymes ont été utilisées dans des recherches sur le coronavirus, comme elles l’avaient été dans de nombreuses autres recherches auparavant: un virus qui « brille » a en effet son utilité lorsque des chercheurs veulent observer en laboratoire comment évolue le virus, ou comment évolue une séquence de ses gènes. Les mots luciférase et luciférine ont été choisis par leur découvreur, le médecin français Raphaël Dubois, à la fin du XIXe siècle.

Ce qui est faux: cette enzyme n’a toutefois pas été utilisée dans les recherches sur le vaccin. Et elle n’est pas dans la liste des ingrédients des vaccins. Quand bien même y serait-elle, elle ne pourrait pas faire briller votre bras comme l’ont prétendu certains messages, ni servir de « marqueur » lisible par un « scanner »: le contenu d’un vaccin est éliminé par notre corps en quelques jours.

Ce qui est douteux: bien que le Détecteur de rumeurs ne puisse pas prouver qu’un personnage surnaturel du nom de Lucifer n’existe pas, il semble douteux qu’il ait donné son nom à une enzyme.

Luciférase - Illustration 2

Un message d’une « journaliste » du réseau de télé pro-Trump Newsmax, qui a depuis été effacé.