Dans le cadre des 30 articles sur les 30 ans de l’Agence Science-Presse, on en arrive à présent à ce qui restera la plus grande révolution scientifique de la dernière décennie : le décodage du génome. Pas seulemet de nos gènes à nous, mais de ceux de nombreux autres êtres vivants. Si vous sentez que vous avez du rattrapage à faire, c’est le moment : voici notre grand dossier génomique.

Trois milliards de lettres sans espace ni ponctuation

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Trois milliards de lettres. Tel était le titre de la première grande synthèse sur le sujet. C’est quoi, un génome? Qu’est-ce que le Projet génome humain? Pourquoi était-il si important? Et où tout cela nous conduit-il? Cliquez sur cet article pour connaître « les bases » du sujet.

Au-delà des questions scientifiques et éthiques, les questions financières ont rapidement été mises sur la table. Ce sont des gènes qui valent des millions, titrait cet article en janvier 2000. Et ça n’a pas échappé aux gouvernements : le Canada, avec Génome Canada, et le Québec, ont rapidement investi le terrain, comme en témoigne, dès 2000, Le Québec sur la piste des gènes.

A peu près en même temps, la politique se mêlait de faire l’annonce officielle que tout le monde attendait : la première phase du décodage du génome humain était terminée (26 juin 2000).

Bienvenue au zoo des gènes

Mais pendant ce temps, on s’intéressait à des centaines d'autres êtres vivants. Pourquoi décoder leurs gènes à eux aussi? Parce que les animaux partagent souvent avec nous les mêmes maladies. Parce que même les plantes et les bactéries sont nos cousines, parfois bien moins éloignées qu’on ne l'imagine. Bref, parce que pour mieux nous comprendre nous-mêmes, nous devons comprendre les autres vivants aussi.

En quelques années seulement, une nouvelle science est née, et les génomes de centaines d’êtres vivants ont été mis à nu. C’est ce que résume Bienvenue au zoo des gènes (2000) puis ces courts textes d’actualité sur le décodage du génome de la souris (2002), du plant de riz (2001), du chien (2003), du chimpanzé (2003) ou de l’anémone (2007).

Ces percées qui se poursuivent sans relâche depuis maintenant plus de 10 ans, et qui provoquent une accumulation d’une quantité astronomique de données, auraient été impossibles sans le développement d’une autre discipline : la bio-informatique. « Découverte » dans les années 1990, elle est aujourd’hui le moteur sans lequel la quête des gènes serait impossible. Voyez à ce sujet Le génome humain sur puce informatique .

Enfin, au-delà des percées scientifiques, génétique et génomique auront pavé la voie à de nouvelles façons de « faire la science » : plus « collaborative », plus « participative », comme diraient les gourous d’Internet. Devant la taille monstreuse que prennent les bases de données génétiques, devant la quantité phénoménale de variables à traiter, il faut jeter des ponts entre les laboratoires, entre les pays, entre les disciplines. Autrement dit, des collaborations pacifiques entre chercheurs (2003)... et même au-delà des chercheurs, comme en témoignent les programmes d’ordinateurs partagés tels que Folding@Home... Et les blogues!

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